‹ Saint François XavierChapitre 21 sur 820 · Vie, ï, p · texte numérisé non relu

Vie, ï, p

la terre. La preuve en est que, dans l'abondance de tous les biens d'ici-bas, dans le feu de la jeunesse, avec toutes les grâces du corps et du visage, maintenu par la pudeur de son âme, il resta toujours maître de soi. Par un singulier bienfait de Dieu, il garda sans tache et sans flétrissure la fleur de sa virginale pureté. Et l'on eût dit que déjà le céleste époux, qui se plaît entre les lis, avait choisi son cœur pour y résider. Et la chasteté, ainsi qu'il arrive, rendait son intelligence plus pénétrante, préparait son âme comme un terrain de choix à recevoir les semences de la sagesse. Fermant donc l'oreille à la voix de ses frères qui l'excitaient à rechercher l'éclat militaire, de tradition dans la famille (le docteur parlait ici des Azpilcueta), lui, excité peut-être par l'exemple récent de son père, ou bien attiré à la douceur de l'étude, ou encore cédant à un attrait de la grâce, préféra la gloire de la science à celle de la guerre. Mais, à ce zèle si louable, se mêla le défaut de sa race, l'ambition. Une haute noblesse est toujours avide d'honneurs : aussi, en même temps qu'il se livrait à ses travaux d'enfant, il sentit croître ses aspirations. Son talent lui faisaitrêver quelque chose de grand et de haut : cet honneur qu'il avait reçu déjà si ample de ses ancêtres, il voulait le transmettre plus ample encore à ses descendants. 11 décida donc de chercher dans les études les plus relevées le secours dont il avait besoin pour se frayer la voie des dignités et de la fortune, rêve brillant mais dangereux ^ »

Le docteur a oublié de nous dire la nature précise de ces ambitions. François aspirait-il dès lors aux dignités civiles qu'avait eues son père, ou déjà rêvait-il les honneurs ecclésiastiques? En 1531, une pièce officielle le qualifie « clerc de Pampelune^ ». Mais nous ne savons quand il entra dans la cléricature ; nous ignorons par suite à quelle date s'éveilla en son âme la vocation sacerdotale. Sa famille était de celles où, dans un sol profondément imprégné de foi, naissent spontanément les fleurs du ciel. Sous une forme ou sous une autre, celles que Paris bientôt devait voir éclore avaient été semées en son âme d'enfant dans le château austère et désolé de Xavier.

Page 1