‹ Saint François XavierChapitre 208 sur 820 · Mon. Xav.^ p. 310. Cf. Perrin, Voyage, t. II, p · texte numérisé non relu

Mon. Xav.^ p. 310. Cf. Perrin, Voyage, t. II, p

240 MISSION DU CA.P COMORIiN

27 mars : « Traitez-les toujours avec beaucoup d'amour, faites tout pour qu'ils vous aiment ^ »

Il est à croire que le disciple fut fidèle aux avertissements, et plus encore aux exemples du saint; car Xavier ne touche plus qu'une fois à cette question de la bonté, et c'est pour y ajouter une restriction nécessaire. « Pour rien au monde, pas de mauvaise humeur avec ces gens, quelque ennuyeux qu'ils soient. Si vous vous voyez tellement accablé de travail qu'il vous soit impossible de faire face à tout, faites ce que vous pouvez, et soyez content. Rendez grâces au Seigneur d'être en un pays, où, quand même vous voudriez être oisif, vous ne le pourriez pas, tant vous avez à faire, et toujours pour le service de Notre-Seigneur. Soyez toujours patient. Mais s'il en est avec qui vous n'arrivez à rien par la bonté et qu'il faille châtier, c'est encore là une œuvre de miséricorde, châtiez-les 2. »

C'est un travail énorme qu'il exige des siens, un dévouement sans relâche aux besoins corporels et spirituels des Indiens. Le missionnaire ne fait jamais de bien longs séjours dans sa ramada^ le hangar en planches, boue et feuilles de palmier, qui lui sert d'abri et d'église. Sans cesse il est en route, allant d'un bourg à l'autre. K cela, bien des avantages. 11 est dangereux pour le missionnaire de rester en contact trop continu avec les indigènes. Facilement le respect se perd. Il faut donc tenir les fidèles à une certaine distance et empêcher les familiarités indiscrètes. Mais surtout, par ce labeur sans interruption, l'on excite la bonne volonté des néophytes et l'on supplée au petit nombre des ouvriers. Donc, «je vous recommande de ne pas avoir de résidence fixe, mais d'aller toujours adroite et à gauche, comme je faisais moi-même quand j'étais là où vous êtes, et comme je fais encore ordinairement, sauf pour le moment où je suis sans interprète. Voyez la vie que je mène, et les pratiques que je suis. Je baptise les enfants, pour cela je n'ai pas besoin d'interprète, et les pauvres n'en ont pas besoin pour me faire comprendre leurs nécessités ; il me suffit de les voir 3. »

Rude métier, vrai purgatoire. Mais comment rien refuser à

'■\. p. 326. Cf. Bertrand, Lellres du Maduré, t. I, p. 97.

un supérieur si bon ? Mansilhas eut le malheur, faute de savoir obéir, d'être congédié de la Compagnie. Jamais il n'oublia la tendre bonté de celui-là même qui ne voulait plus de lui pour collaborateur. Le petit paquet de lettres qu'il en avait reçues resta son trésor; et bien souvent il dut pleurer, le pauvre banni, en y relisant çà et là de ces phrases affectueuses que son père, autrefois, jetait au courant de la plume, et qui, sous leur apparente banalité, lui en disaient si long.

« Mon très cher frère en Jésus-Christ, c'est une grande joie pour moi, quand vous m'écrivez que vous vivez très heureux! Puis donc que Dieu se souvient ainsi de vous, vous, ne l'oubliez pas, ne vous découragez pas à poursuivre les œuvres c-ommencées. Rendez-lui toujours des actions de grâces pour vous avoir appelé à un office aussi noble*... Mon très cher frère, j'ai été bien heureux d'apprendre de vos nouvelles par vos lettres et d'y voir le bien que vous faites. Dieu vous donne la force pour persévérer et aller du bien au mieux^.,. Dieu vous donne autant de consolation en cette vie et de gloire en l'autre, que je m'en désire à moi-même^... Mon très cher frère, je me réjouis beaucoup de votre visite aux localités que je vous avais désignées, et plus encore du bien, qu'au dire de tous, vous y avez fait. J'attends ici pour aujourd'hui ou demain, un message du gouverneur. S'il est tel que je l'espère, je ne manquerai pas de venir et de prendre les chemins qui me mèneront vers vous, car je désire beaucoup vous voir, bienque, en esprit, je ne vous perde jamais de vue^... Très cher frère en Jésus- Christ, j'ai grand désir de vous voir : plût à Dieu que ce fût bientôt! Aucun jour toutefois ne se passe que je ne vous voie en esprit, et vous me rendez la pareille, de sorte que nous sommes continuellement présents l'un à l'autre 5. »

Les autres collaborateurs du saint nous sont mal connus. Du prêtre espagnol Jean de Lizano, nous ne savons rien, si ce n'est qu'il était encore à la Pêcherie en 1546''. François Goelho paraît

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