‹ Saint François XavierChapitre 255 sur 820 · LucENA, 1. Il, ch: 22, p · texte numérisé non relu

LucENA, 1. Il, ch: 22, p

le recteur de Coïmbre, Martin de Sainte-Croix, lui disait : « Les lettres de Maître François viennent de nous arriver. Nous en sommes tout émus. Si je voulais faire émigrer le collège tout entier dans les Indes, ce serait vite fait... Au rapport des Portugais qui viennent delà-bas, les martyrs dont parle Maître François sont au nombre de six cents. Le roi fait annoncer, du haut de la chaire, les nouvelles des Indes, je veux dire celles des missions. Et il y en a plus que n'écrit Maître François. Le roi me demande une douzaine de Pères à envoyer aux Indes cette année'. »

Dans sa réponse, le bienheureux ne manque pas de tirer des événements les conclusions ascétiques qui s'imposaient : « Ces martyrs de l'Inde parlent à notre âme et semblent nous inviter à faire de grandes choses. Ils nous accusent, ils convainquent notre esprit de sa bassesse. Le temps ne nous a pas manqué pour atteindre à la perfection, et nous n'y sommes pas arrivés. Que Jésus-Christ nous enflamme de la passion de ses honneurs et de ses opprobres, de ses richesses et de ses misères, de sa gloire et de sa croix et de tout ce qui constitue sa sainte, ravissante et parfaite volonté ! »

Au supérieur de la province, Simon Rodriguez, il répondait plus directement : « La joie spirituelle que nous causent les nouvelles de Maître François est aussi grande que la source dont elle provient. Dieu sait combien volontiers j'enverrais d'ici du monde aux Indes pour l'aider dans ses grandes entreprises ; combien plus volontiers encore je me verrais choisir par le roi pour y être envoyé. Autour de nous, en Espagne, une foule de besoins, il est vrai, réclament des Pères de la Compagnie. Mais, à voir ce qui se fait dans les Indes, à considérer les ardents et persévérants désirs de Leurs Altesses, il est bien juste que la Compagnie tout entière, et chacun de ses membres, désire former des sujets pour les missions lointaines. Puissé-je, par la grâce de Dieu, m'y employer, et montrer à Dieu, par là, quelle reconnaissance je lui ai pour les éminentes faveurs dont il a comblé Leurs Altesses, en leur prodiguant avec surabondance ces ardents désirs et ce zèle efficace pour

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