‹ Saint François XavierChapitre 257 sur 820 · III. — Le voyage dans le nord · texte numérisé non relu

III. — Le voyage dans le nord

Si l'on pouvait se réjouir en Dieu de ces triomphes, n'y avaitil pas autre chose à faire ? Le gouvernement portugais pouvait-il regarder d'un œil indifférent ce qui se passait à Jafnapatam et à Cotta? N'était-il pas le protecteur-né des chrétiens indigènes, où qu'ils fussent, et n'était-ce pas les défendre efficacement que de venger leurs frères massacrés? Puis, aux questions religieuses, se mêlaient, comme toujours en pareil cas, les considérations politiques.

Le rajah de Jafnapatam, si nous en croyons les lettres du temps, était impopulaire pour sa tyrannie-. Les chrétiens n'étaient pas seuls à souffrir, aussi un parti s'était formé contre lui, dont le chef était son frère aîné. xV l'orientale, il voulut s'en débarrasser par la mort. Le prince parvint à s'enfuir. Suivi d'une poignée de partisans, il gagna le continent, et à pied, avec bien des fatigues, prit le chemin de Goa ^. En passant, il vit, nou!^ ignorons le lieu et la date, saint François Xavier^. Ce fut probablement au Travancore ou à Cochin, peu après le massacre de Manar. Il s'en allait, disait-il, chercher le secours du Portugal ; au cas où on l'aiderait à s'emparer de la couronne, il promettait de se faire chrétien.

La perspective était séduisante. François, qui n'avait pas encore pleine expérience des roueries indiennes, paraît avoir cru à ces avances. A tout le moins, ces bonnes dispositions, même feintes, n'étaient pas à négliger. Il y avait à châtier le rajah, à le remplacer même ; et son successeur, fût-il idolâtre, devant sa couronne au Portugal, ne pouvait que laisser la liberté reli-

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