POLANCO, t. I, p
2. Massara, Le p. a. Criminale, p. 27. « Vous partirez d'ici demain matin, » (car nous parlions alors en latin).
3. PoLANCO, I, p. 144; — SousA, Oriente, I, p. 274, — Andrada, Cronica, P. III, ch. 98 ; cf. Mon. Xai^., p. 351 ; Massara, p. 32, 33.
l'apostolique Père François Estrada. Il venait d'entrer au noviciat de Coïmbre (1544), et, le 9 février 1545, le Père Araoz écrivait à saint Ignace : « Maître Simon vient de le mander à Lisbonne, sans lui dire pourquoi. 11 a reçu tranquillement, joyeusement, genuflexus^ avec grande reconnaissance, sa mission pour les Indes. C'est un saint homme ^ »
Lancilotti était originaire d'Urbino, dans les Etats de l'Eglise^. Petite santé, porté à voir les choses en noir, mais énergique et faisant merveille entre deux crachements de sang. Saint Ignace lui-même avait été son maître des novices, et il savait ce qu'il faisait, quand il envoyait à Xavier ce collaborateur débile. Homme de bon sens, très humble, d'autant plus précieux qu'il apportait aux Indes les traditions de Rome et le souvenir précis de ce qu'il avait vu faire au saint fondateur. Mais, ajoutons-le, enclin par là même à la sévérité, ne se rendant peutêtre pas toujours assez compte qu'entre Rome et Goa, l'Europe et les Indes, il y avait des différences. Çà et là, dans la correspondance assez suivie qu'il entretenait avec le Général, on croit saisir certaines divergences de vues entre lui et François Xavier. 11 vénérait la sainteté de son nouveau supérieur; mais tels et tels procédés hardis ne laissaient pas que de le dérouter^.
A chacun des trois partants, le Père Simon Rodriguez avait assigné son poste. Lancilotti serait professeur au collège; les deux autres se mettraient à la disposition de François pour les nfissions. La traversée se fit sans incidents notables. A Mozambique, les Pères entendirent raconter que le Père Maître François venait de convertir trois rois. Cependant on ne donnait pas la chose pour certaine. Le fait était inexact. Mais déjà, telle était la renommée du missionnaire qu'on lui prêtait les conquêtes des autres'.
En même temps que les trois prêtres, partait de Lisbonne
1. Ep. Mixtae, t. I, p. 199, cf. 195, 265, 267 ; — Sel. Ind. Ep., p. 7; — Bartoli, Aaia, 1. VI, n. 9 et 10.