‹ Saint François XavierChapitre 28 sur 820 · Memoriale, p · texte numérisé non relu

Memoriale, p

k.Mon. Xav., t. I, p. 436.

Lorsqu'un maître jugeait un bachelier assez formé, il le faisait « entrer en licence ». Le candidat commençait alors à préparer les examens qui lui vaudraient le droit d'ouvrir école à son tour et de prendre le titre de maître. Pour Le Fèvre et Xavier, ce travail remplit ce qu'on appelait le « grand ordinaire » de 1529-1530, c'est-à-dire la période qui s'étendait de la rentrée à Pâques. Ils complétèrent donc leurs connaissances philosophiques et scientifiques. Ils jouèrent à leur tour le rôle d'attaquants dans les argumentations publiques, cercles et menstruales. On les vit, dans les examens, s'escrimer sous l'œil des juges, contre les candidats. Deux fois dans l'année, eux-mêmes eurent à soutenir des thèses publiques prises dans leur programme' .

Cependant, au château de Xavier, l'ancienne prospérité n'était pas revenue. Les procès continuaient, interminables, et la veuve du docteur de Jassu n'obtenait pas justice . Vers ce tempslà, l'aîné de la famille, don Michel, se mariait ; il entrait dans une maison noble, mais disgraciée, elle aussi, pour trop de fidélité aux anciens rois, celle des Goni (1527). Son frère, Jean, l'année suivante, épousait Jeanne de Arbiza et se fixait au château d'Obanos^.

Dona Maria de Azpilcueta pouvait désormais être rassurée sur l'avenir de ces deux enfants. Restait François. Quelles nouvelles étaient venues de Paris en Navarre à son sujet? Avait-on deviné quelque chose des périls qu'il avait courus? Rien ne le prouve. Maison devait trouver qu'il réclamait bien souvent de l'argent. Il voulait faire honneur à son nom, « marcher de pair avec ses égaux en noblesse, se faire remarquer. De là des dépenses exagérées-^ ». Aux châtelains gênés de Xavier et d'Obanos, le temps semblait mal choisi pour des folies de jeune homme et ils se demandèrent s'il ne fallait pas rappeler l'étudiant en Navarre.

Mais sa sœur Madeleine, la Clarisse de Gandie, la sainte de la famille, que peut-être on avait consultée, écrivit : « Ne faites pas cela; bien au contraire, favorisez les études de mon frère

Page 1