III. — Ignace et Xavier
Plus d'un obstacle semblait devoir écarter du maître son futur disciple. Le gentilhomme basque avait combattu contre les frères du gentilhomme navarrais; François devait le savoir. Mais surtout François vivait de rêves ambitieux ; Ignace les avait sacrifiés et il en prêchait à tous le sacrifice.
La conversion du blessé de Pampelune remontait à sept ans déjà : sept années bien remplies, durant lesquelles le futur fondateur de la Compagnie de Jésus avait fait son expérience des choses de Dieu et des hommes. Il était sorti de la grotte de Manrèze instruit des voies surnaturelles et attiré vers l'apostolat. Mais comment, dans quelle forme de vie, par quels moyens travaillerait-il à la gloire de Dieu ? il l'ignorait encore. Puis la Terre Sainte l'avait attiré, et il en était revenu songeant à retourner dans le Levant avec d'autres apôtres. Convaincu qu'il ne ferait rien de solide sans la science, il avaitfréquenté les universités d'Alcala et de Salamanque. Maisily rencontraittrop d'obstacles à ses études et à son zèle : il résolut donc d'aller chercher la liberté du bien à Paris. Il y était en février 1528, et se faisait inscrire comme externe au collège de Montaigu. A cette date, il avait appris de Dieu qu'il ne devait pas entrer dans un ordre religieux, mais garder sa liberté et s'adjoindre des collaborateurs.
1. Gros, Z>oc.,p. 26G. Les lettres de la Clarisse étaient encore au château de Xavier au temps où écrivait Tursellini. On a cru qu'elles étaient adressées au père de notre saint, mort depuis longtemps. L'erreur, que l'on retrouve dans la bulle de canonisation, tient sans doute à une confusion entre le docteur Jean de Jassu et sonfils le capitaine qui portait le mèn\e nom.