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D'après le Père Gonçalvez, Francisco Roiz, ou Rodriquez

2. P. Colin, Lahor evangelica, niinisterios apostolicos de los obreros de la C. de J... en las ialas Filipinas, 1663, réédité par le P. P. Pastells, Barcelone, 1900, 3 in-4o, t. I, p. 176.

3. Ces dépositions, incorporées au procès de béatification de 1616, sont perdues. Nous les connaissons par les résumés qu'en donnent les biographes, qui eurent entre les mains les pièces originales ou des copies authentiques (Lucena, 1. IV, ch. I; SousA, I, p. 371 ; Bartoli, 1. Il, n. 9. Cf. Gros, I, p. 337, note, citant le Père Gonçalvez).

4. Céram est le nom d'une localité du N.-E. Le nom indigène est Wa/ain-ela, d'où le Varanula des Portugais et le Baranola des Espagnols.

mer un crabe tenant le crucifix, il le portait entre ses pinces.

« Je le vis aller droit au Père François et s'arrêter près de lui. Le Père tomba à genoux. Le crabe attendit qu'on lui prît le crucifix, puis il retourna se plonger dans les flots. Le Père baisa la croix, la pressa sur sa poitrine et resta ainsi en prière une demi-heure, et moi aussi, remerciant Dieu d'un si grand miracle. Ensuite nous nouslevâmesetcontinuâmes notre route. » Ce prodige a été consigné dans la bulle de canonisation ^

Xavier resta huit jours à Géram, puis il passa dans la petite île de Ronceslao, où les Portugais recueillaient des clous de girofle de première qualité. Les habitants étaient de purs sauvages, des Papous farouches et inabordables. Le missionnaire perdit son temps à vouloir entrer en relations avec eux. Seul, un jeune homme consentit à l'écouter et le suivit à Amboine-. Xavier secoua la poussière de ses pieds et, s'éloignant, ilgagna un autre îlot.

Il y fut plus heureux. Voici comment, en 1616, Simon Serrano

1 . Il a excité la verve railleuse de V^oltaire et de beaucoup d autres. M. Dickson White, tlans son ouvrage sur les conflits de la science et de la théologie, au chapitre consacré aux miracles de Xavier, assure que l'Eglis» nous oblige de croire au miracle du crabe sous peine de damnation éternelle ! Est-il besoin de faire remarquer que, pour un miracle, le fait d'être accepté par la Congrégation des Rites, et inscrit dans une bulle de canonisation, n impose, au croyant qui veut en discuter l'historicité, qu'un devoir de respect et de prudence ? L'infaillibilité de l'Eglise n'y est aucunement engagée. Or des croyants ont cru devoir rejeter dans le domaine des fables le miracle du crabe. Le Père Delehaye dans ses « Légendes hagiographiques », accepte l'opinion de Paul Sébillot qui n'y voit qu'une légende japonaise {Revue des traditions populaires, 1890, p. 470). Mais le folk-lore et ses légendes n'ont rien à voir ici. Nous sommes devant un témoin qui assure, sous la foi du serment, ne raconter que ce qu'il a vu de ses yeux. Resterait à faire le procès du témoin lui-même, et l'on conçoit que les éléments d'une discussion nous fassent défaut. Tout ce que l'on peut dire c'est que l'artilleur Fausto Rodriguez racontait des souvenirs vieux de plus de 60 ans. Ajoutons qu'au procès de 1616 (n. 105) le fait fut apporté par un nommé Christophe Sémédo, comme « notoire dans l'Inde ». — Que si l'on objecte l'étrangeté du prodige, est-il beaucoup plus étrange que le miracle évangélique de la drachme trouvée à point nommé par saint Pierre dans la bouche d'un poisson ? (Matth., xvii, 26.)

Il existe dans les mers de ces régions des crabes amphibies, le birgus îatro, par exemple, qui montent dans les arbres pour en faire tomber les fruits.

2. Il fut baptisé sous le nom de François. Le saint lui dit alors : « Mon fils, vous mourrez, en prononçant le nom de Jésus. » Dès lors on disait quand on rencontrait François de Ronceslao : « Celui-là doit mourir le nom de Jésus à la bouche. » Quarante ans se passèrent; en 1588, Sancto de Vasconcellos, capitan d'Amboine, ayant à réduire une révolte dans les îles, prit avec lui des soldats indigènes. François de Ronceslao fut de l'expédition. Il tomba blessé d'une balle, et Fausto Rodriguez, qui était là, assure l'avoir entendu répéter jusqu'au dernier soupir : « Jésus, aidez-moi !» La prophétie du Père était réalisée (Séb. GoNÇALVEZ dans Gros, I, p. 3^9 ; do Couto, D. IX, ch. 30, p. 271 ; Bartoi.i, 1. II, n. 9; SousA, t. I, p. 372). Le résumé des dépositions de F. Rodriguez donné parle Père Colin, lac. cit., suppose que la mort du Moluquois eut lieu en 1552.

fidalgo de Goïmbre, magistrat à Cochin et chef de la flotte sur la côte du Goromandel, racontait la conversion des insulaires : « Etant aux îles d'Ulate, j'ai apprisparla voix publique que, le Père François se trouvant là, le roi de l'île fut assiégé par un voisin. Les ennemis avaient capté tous les puits et toutes les sources. Xavier dit au roi que, s'il lui permettait d'élever une croix, il espérait que Dieu enverrait de l'eau. La croix fut élevée, tous se mirent à genoux devant, et voilà que, bien qu'on fût en été et que, en cette saison, il ne pleuve jamais, la pluie se mit à tomber. Ils furent baptisés, et, en dépit des persécutions païennes et hollandaises, restèrent fidèles ^ »

Quelle impression Xavier retira-t-il de cette rapide inspection dans les Moluques du Sud? La relation qu'il enverra bientôt en Europe est pleine d'espoir. D'abord Amboine peut, à brève échéance, être toute chrétienne : « L'île vient d'être donn<^e en fief au capitan de Ternate, Jordan de Freytas, véritable homme de bien et très zélé pour l'accroissement de notre sainte Foi, Il en prendra possession de novembre prochain à un an (1546-47)2. » Une autre raison d'espérer, c'est l'aversion profonde des indigènes pour les musulmans, leurs oppresseurs, el l'ignorance même de ces derniers^. Ce n'est pas que certains de ces insulaires n'aient de grands vices et d'abominables coutumes. « La race de ces îles, dit-il, est des plus barbares. Ils sont très perfides... Ils sont ingrats comme on ne l'est pas. 11 y a des îles où l'on mange la chair humaine, du moins en temps de guerre; alors on dévore ceux qui ont été tués. Ceux qui meurent de maladie, on leur coupe, pour s'en régaler, les mains et les pieds... Ils y a encore chez eux, les affreux péchés de la chair que vous vous refuseriez à croire, et que, moi, je n'ose écrire'. »

Les relations des voyageurs modernes confirment cette

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