Valicnano, p
nuit, clans toutes les maisons j'entendais chanter les mêmes prières ; cela excitaitfort la dévotion ^ »
Le missionnaire disait de son côté : « 11 y avait de quoi bénir Dieu, à voir le fruit qu'il produisait au cœur de ses créatures, à entendre ce peuple de néophytes entonner ses louanges. L'habitude en est prise à Maluco : les petits garçons sur les places, les petites filles et les femmes dans les maisons, les laboureurs aux champs, les pécheurs en mer, au lieu de chansons frivoles, font entendre de saints cantiques : le Credo ^\e Patei\ \ Ave^ les commandements, lesœuvresde miséricorde, la confession générale, et autres prières en grand nombre, toujours en leur langue. Tout le monde peut comprendre, néophytes et vieux chrétiens''.»
Au premier rang des indigènes convertis, il faut mettre, ce semble, la régente. Nous avons dit quelque chose de ses malheurs. Veuve de ce sultan Boléife qui avait accueilli les Portugais trente ans auparavant, elle avait vu trois de ses enfants privés de la couronne et de la vie. Depuis vingt années elle errait d'île e 1 île. Elle avait suivi à Goa son fils Tabarija prisonnier, l'avait vu réhabiliterparle gouverneurgénéral,puisabjurerseserreurs, se faire baptiser et mourir. Rentrée à Maluco, elle avait été, par Jordan de Freytas, investie au nom du Portugal du titre et de l'autorité de régente 3. Toujours musulmane, pleine d'objections contre le christianisme, ayant trop souffert des chrétiens, semblait-il, pour accepter jamais leur foi. Vers ce temps-là cependant elle se convertit, Xavier étant aux Moluques'. Ni lui, ni ses contemporains ne nous disent exactement quelle part il eut à cette conquête importante ••. 11 est difficile de croire <ju'il n'y ait été pour rien, et, peu de temps après sa mort, on lui en attribuait tout riionneur^, La régente avait pris le nom d'Isabelle.