Mon. Xav., p
5. Ll'cena, 1. IV, ch. 9 ; — du Jarkic, I, p. 162 ; — Sousa, J, p. 378, etc.
SAINT FRANÇOIS XAVir;K 20
Amboine, marchait entre les cases, chantant en malais la doctrine chrétienne. Alors, les uns après les autres, les sauvages revenaient, écoutaient, et la mission commençait. Parfois ils se souvenaient mieux du temps où ils vivaient en chrétiens : la foule attendait sur la grève, et le prêtre débarquait aux cris de : « Voilà le saint Père ! »
Dans sa prédication, il se trouvait aidé par le spectacle qu'il avait sous les yeux; les volcans aux cimes toujours fumantes, les émanations sulfuriques, les villages ensevelis sous les cendres, les grèves de sable noir, les sources de boue, tout lui rappelait l'enfer et servait à dépeindre la justice de Dieu. Les indigènes croyaient que les secousses et les éruptions étaient causées par les âmes des morts, cachées sous la terre, et ils frappaient le sol à grands coups de bâton, pour les faire taire^ Mais, « quand ils me demandaient, disait Xavier, d'où vient tout cela, je leur disais : de l'enfer où brûlent tous ceux qui adorent les idoles ^ ».
Au dire des voyageurs, c'est pure chimère que d'essayer d'attirer au christianisme des brutes comme les Papous de Nouvelle- Guinée, ou les Alfourous des Moluques. Ils sont trop enchaînés à leurs traditions, ne sentent aucun besoin de changer de culte, ne comprennent rien à ce qu'on leur enseigne; et l'on apporte en preuve la stérilité de l'apostolat protestant dans ces régions^. Celui de saint François Xavier et de ses disciples est une preuve du contraire. Il avait confiance dans la grâce, et savait que Jésus- Christ est mort pour les sauvages les plus abrutis comme pour les civilisés. « 11 chercha donc à apprivoiser ceux qu'il avait devant lui, dit Valignano; et bien que ce fût une population obtuse et brutale, rien ne rebuta ni son courage, ni l'espoir qu'il avait de leur être utile. Au contraire, en dépit de l'expérience qu'il pouvait se faire de leur incapacité, son espoir s'accrut d'autant... Il croyait fermement que la semence de la parole divine, qui tombait sur une terre jusque là stérile, était assez puissante pour germer et donner son fruit au temps marqué, et qu'il moissonnerait par la main de ses fils, comme, de fait, cela arriva