‹ Saint François XavierChapitre 348 sur 820 · Annales d' Extrême-Orient, loc. cit · texte numérisé non relu

Annales d' Extrême-Orient, loc. cit

dans la suite. Bref, il travailla tant, se dévoua si bien à ces insulaires que, peu à peu, il les domestiqua, fît beaucoup de chrétiens, les secourut et les instruisit'.»

Pour lui, à son habitude, il est, dans ses lettres, fort sobre de détails sur le résultat de ses labeurs : « J'ai baptisé beaucoup d'enfants ; mon séjour a été d'un mois. J'ai visité tous les lieux où il y avait des chrétiens ; je les ai consolés et ils m'ont consolé ^. » Rien de plus. On croirait, à le lire, qu'il ne s'est occupé que de ramener les renégats. C'était un gros travail déjà, et plus difficile peut-être que de convertir de simples infidèles. Mais n'y eut-il pas d'autres conquêtes jusque chez les idolâtres ? Valignano, dont le témoignage est toujours fort mesuré, assure que les conversions furent nombreuses ; il ne donne aucun chiffre. Il ajoute seulement: « Le Père demeura trop peu de temps pour faire à ces barbares tout le bien qu'il eût voulu. Mais l'œuvre fut assez bien commencée pour qu'il n'y eût plus qu'à suivre ses traces^. »

Déjà celui qui bientôt va prendre la succession et recueillir la moisson par lui semée, le Père Jean de Beira, s'apprête à quitter les Indes. En moins de sept ans, les îles du More se transformeront. De nombreuses chrétientés s'échelonneront le long des côtes et dans les îles. Lorsque, en 1553, un an après la mort du Père François, une violente persécution sévira dans les Moluques, quand tous les rois du pays, ceux de Gilolo, de Ternate, de Tidor, de Batjan, se ligueront contre le christianisme, il y aura des apostasies, mais l'Eglise ajoutera plus d'un nom à son martyrologe. Les prêtres ne seront pas seuls à mourir pour la foi. Est-ce là ce que prévoyait le saint quand il voulait appeler ces terres les « îles de l'Espérance en Dieu' » ? En 1556, le Père Polanco enregistrait dans sa chronique les chiffres suivants envoyés par les missionnaires : 47 chrétientés dont plusieurs comptent près de 700 familles ; 3.000 familles à Tolo. Il y en aurait beaucoup plus sans les persécutions'*. Un peu plus

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