‹ Saint François XavierChapitre 360 sur 820 · Ibid., Goa, n · texte numérisé non relu

Ibid., Goa, n

testant Valentijn les trouvait encore debout '. Plusieurs furent célèbres dans l'histoire religieuse d'Amboine et passaient pour miraculeuses-. D'autres eurent leurs martyrs.

De violentes persécutions sévirent dans les Moluques du Sud, une quinzaine d'années après le passage du saint, suite des conflits entre le sultan Aério et ses tuteurs, les Portugais. Le parti musulman cherchait à enlever Amboine au Portugal. En même temps, les pirates javanais ravageaient les côtes et détruisaient les villages chrétiens. 11 y eut des apostasies : malheur inévitable, et que François avait prédit. Un témoin au procès de 1616 déposait : « Etant capilan delà forteresse d'Amboine, j'ouïs dire à un nommé Pierre de Alao, qui avait connu le Père François, que, lui présent, le saint avait ainsi parlé : « Ces trois endroits, — il les nommait, — près de la forteresse, ne persévéreront pas. Il n'y aura jamais là que de mauvais chrétiens. Aussi, quand il partit d'Amboine, étant en vue de ces villages, il secoua sa chaussure en disant : « La poussière même de ce pays, je ne veux pas l'emporter. » De fait, ces trois villages sont devenus rebelles à Dieu et au Portugal; et aujourd'hui il y a dans le pays un dicton populaire : « Les gens d'Aroda sont mauvais pour accomplir la prophétie du saint Père François^. » Mais d'autres persévérèrent.

Le plus ferme soutien des néophytes fut un insulaire que Xavier avait déjà trouvé baptisé sous le nom de Manuel, et qui lui avait servi de guide à traversles montagnes. Le saint en avait profité pour l'instruire à fond, et en faire le catéchiste attitré de ses compatriotes. Or, l'observation est du Père du Jarric, « entre autres grâces que Dieu avoit eslargi à son serviteur, l'on a remarqué ceste ci particulièrement, qu'il laissoit les vertus si enracinées enl'âme de ceux qu'il entendoit de confession ordinairement, ou avec lesquels il traitoit plus familièrement, que jaçoit qu'ils vinssent quelquesfois à s'oublier de leur devoir, comme nous sommes tous hommes, si est-ce qu'il leur demeuroit toujours engravé au plus profond du cœur, aux uns un grand desdain et horreur de tout péché, aux aultres un merveil-

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