Bakradas, Extraits, f" 13 (cité dans Gros, II, p
leux courage pour surmonter les difficultez qui se présentent au <*hemin de la vertu; à plusieurs une crainte de Dieu et de ses jugements : et presque en tous une lumière intérieure et particulière souvenance de ce qu'ils lui avaient ouy dire : par laquelle ils se sentoient grandement esmeus et incitez à la vertu * . »
Tel était Manuel d'Ative^. Le Père Pierre Mascarenhas, qui le vit à l'œuvre, écrivait en 1562 : « Le tyran avait fait cerner, sur une montagne où ils s'étaient réfugiés, tous les habitants du bourgdeLuilao. Onlespressaitdese soumettre au roi de Ternate et d'abandonner la religion chrétienne, puisque, déjà, il n'y avait plus de Portugais pour les défendre. Ils répondirent : « Tant c|ue Manuel vivra, nous nous défendrons, nous et notre foi. Essayez donc de le vaincre, lui. » On essaya, et il répliquait: « Je suis un pauvre Amboïnois de la forêt; je ne sais ce que c'est ({u'être chrétien, ni ce que c'est que Dieu. Mais je sais une chose, que je tiens du Père Maître François, c'est qu'il est bon de mourir pour Jésus-Christ. Aux paroles et à la doctrine du Saiito Padre^ je dois de n'être pas musulman. Sans elles, je serais tombé comme les autres. Mais elles ont si bien pris possession de mon cœur qu'elles ne m'ont jamais laissé gauchir vers une autre loi, ou une autre foi que celle de mon Seigneur Jésus-Christ^. »
« Le pire ennemi de Manuel était son beau-frère, appelé Antoine, qui avait cherché, bien des fois, à lui donner la mort. Un jour, payés par lui, deux scélérats portugais avaient déjà dirigé vers la tête de Manuel le canon de leurs armes. Manuel leur demanda un instant, et, enlaçant des deux bras une croix qui se trouvait là plantée, il dit : « Le Père Maître François nous « disait qu'un chrétien doit mourir sur la croix; faites feu maince tenant ! » La scélératesse des assassins fut vaincue et, par respect pour la majesté de la Sainte Croix et le nom de son serviteur, ils abaissèrent leurs arquebuses. Manuel aida puissamment de son épée, de sa bourse et de sa parole, au relèvement des Portugais à Amboine\ »