‹ Saint François XavierChapitre 362 sur 820 · S. Gonzalvez, cité dans Gros, I, p · texte numérisé non relu

S. Gonzalvez, cité dans Gros, I, p

En 1562, une flotte portugaise vint reprendre l'île et ramener des missionnaires'. Les ruines furent relevées, puis les épreuves recommencèrent. Les Javanais avaient reparu. Treize grandes jonques croisaient dans l'archipel, jetant la terreur sur les côtes. Dix ou douze centres chrétiens furent détruits. Beaucoup de néophytes moururent dans les supplices^. Les barbares en voulaient spécialement aux croix. Les fidèles d'un village avaient enfoui la leur avec tous leurs trésors. Les Javanais l'exigeaient, criaient, tempêtaient pour l'avoir. Les chrétiens résistèrent, et six cents d'entre eux furent torturés, brûlés vifs, déchiquetés membre à membre, mais la croix fut sauvée (1565)3. Dans la même persécution mourut pour la foi ce roitelet de Ulale que François avait baptisé. « J'aime mieux ma foi que la vie, disait-il. Je suis chrétien : si les Maures me laissent aller, je vivrai en chrétien, et je mourrai chrétien, s'ils me tuent ^ » Telle était l'impression laissée sur des âmes de sauvages par le rapide passage d'un saint.

Au moment de partir, le choix s'offrit à Xavier entre plusieurs navires. « 11 y avait là, raconte Gaspard Lopez, le « vaisseau du roi. » Tout l'équipage le pressait d'y monter. Il refusa, et en prit un autre. Or, dans le détroit de Saban"', le « vaisseau du roi » donna sur un écueil, et ne fut sauvé que par miracle. J'entendis alors des gens qui disaient: « Le Père avait déclaré « au capitaine et à d'autres qu'il ne voulait pas de leur navire, « qu'il lui arriverait malheur. » Le même vaisseau plus tard courut un danger plus grand encore sur les bas-fonds de Geylan'^

Celui qui portait le missionnaire fit la traversée sans incident. Vers la fin de juin ou en juillet 1547, Xavier rentrait à Malacca après dix-huit mois d'absence^. 11 y rencontrait en

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