II. — A Malacca (juillet-décembre
On se souvient qu'un an auparavant, le 10 mai 1546, par une lettre d'Amboine, il avait enjoint aux Pères Fr. Mansilhas et Jean de Beira d'avoir à partir immédiatement pour Maluco. Jean de Beira avait obéi avec joie. Mais, au lieu de Mansilhas, Xavier trouvait un prêtre et un frère, Nuno Ribeiro et Nicolas Nunez. Tous lui étaient inconnus. Beira était arrivé aux Indes au moment où, lui, quittait San Thomé (septembre 1545), et les autres, un an après, quand il prenait le chemin des îles du More (septembre 1546). Leur présence inespérée lui fut une douce joie. Il y avait si longtemps, deux grandes années, qu'il n'avait vu quelqu'un de la Compagnie ! « Pendant le mois que nous avons passé ensemble, écrit-il, ils m'ont bien consolé. Ce sont des hommes de Dieu, très aptes à faire du bien aux Moluques... Je les ai renseignés sur la région où ils allaient, sur ce qu'ils y feraient, d'après mon expérience des lieux'. »
Après un mois de joie fraternelle, il fallut se quitter. Dans le courant du mois d'août, les trois nouveaux apôtres prirent le chemin des Moluques. Quant à Xavier, il devait attendre la mousson d'hiver. C'était un nouveau séjour à Malacca de cinq ou six mois. îl ne fut pas embarrassé pour remplir ces loisirs. Interminables séances au confessionnal, réconciliations, soin des malades, catéchisme-, et le reste que nous connaissons.
Plus que Jamais, sa vie était une prière ininterrompue. Il coucliait souvent dans la sacristie. Pendant la nuit, il se glissait dans l'église et se tenait à genoux devant le tabernacle. Quand