‹ Saint François XavierChapitre 380 sur 820 · V. — De Malacca à Cochin (décembre 1547-janvier · texte numérisé non relu

V. — De Malacca à Cochin (décembre 1547-janvier

X plusieurs vaisseaux qui, vers ce temps-là, partaient de Malacca, saint François Xavier avait prédit une rude traversée. Lui aussi, en chemin, rencontra la tempête.

C'était aux deux tiers de la route. « Trois jours et trois nuits, nous avons eu de furieuses tourmentes, comme je n'en avais pas encore vu. Beaucoup pleuraient, tout vivants,leur propre mort, et juraient, si Dieu les tirait de là, de ne plus jamais naviguer. Pour sauver du moins les vies, on a jeté à la mer tout ce qu'on a pu. » Nous savons que ces heures de péril extrême étaient, pour le saint, des heures d'extase. Sur le navire emporté par une mer démontée, il confessa, encouragea, fit accepter la mort imminente, puis s'enferma dans sa cabine. Quelqu'un put le voir alors plongé dans la prière. « C'était la nuit, raconte François Pereira. J'allai, pour me consoler, dans sa chambre. Je le trouvai qui priait à genoux devant son crucifix. Je ne voulus pas le troubler; mais, le lendemain, je lui parlai de nos labeurs dont tous, nous étions épuisés. «Ce n'est rien », me dit-il. Ce qui le faisait parler ainsi, c'était sa confiance en Dieu '^.w Mais que s'était-il passé en son âme.'' Lui-môme nous en lait cette discrète confidence :

« Au plus fort de l'ouragan, je me recommandai à Dieu, prenant avant tout pour intercesseurs, sur terre, tous ceux de la bénie

1. Process. 1616, n. 1. — Ciu^s, t. II, p. 411. — H y a dans la déposition une curieuse erreur. Le témoin disait « Maître François, pour retourner du .îapon en Chine, devait... » La scène se serait-elle passée au Bungo .' Mais François n'eut pas, on cette circonstance^ le choix entre deux vaisseaux. Le témoin veut peut-être parler du dernier voyage en Chine, lequel succédait à celui du Japon. Mais là encore le saint n'eut à sa disposition qu'un navire. Notons que Xavier s'embarqua cinq fois à Malacca, en 1546 pour Amboine, en 1548 et 1551 pour les Indes, en 1549 pour le Japon, en 1552 pour la Chine. La prédiction n'eut certainement pas lieu en 1549, ni en 1552. On peut hésiter entre les autres départs. Mais le vénérable nonagénaire pouvait très bien confondre les dates, sans se tromper sur le fond des choses.

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