Do GouTO, loc. cit
ému, qu'il alla s'enfermer chez les Franciscains, tomba malade et mourut quatre jours après (26 janvier)'.
« Mystères divins, écrivait l'évêque ; nous sommes tous, moi surtout, épouvantés des choses de ce monde. Je perds en Michel Vaz un aide bien précieux : je lui avais remis en main toute mon autorité, vu que le fardeau dépassait mes forces, et voilà que Notre-Seigneur le prend. 11 court ici bien des faux témoignages, ajoutait le prélat-. » Et en effet, on avait répandu les bruits les plus absurdes. L'évêque lui-même était complice des coupables! « Pauvre évêque, s'écriait Gosme Anes, lui qui est incapable de faire tuer même une puce pour son service ^î » Mais il n'est pas de calomnie si invraisemblable qui ne fasse son chemin, et celle-là fut portée jusqu'à Lisbonne. Une réfutation n'était pas de trop : Xavier s'en chargea. « L'évêque est un excellent pasteur, écrivit-il au roi, aussi les gens du pays le paient de la monnaie du monde. Lui, porte tout en patience. Mais je déclare, sans pouvoir ni dire ni écrire comment je le sais, qu'il est aussi innocent de ce crime que moi qui étais alors aux Moluques^ ■»
Cependant où était le coupable? Vengeance des brahmes, disait Cosme Anes^; des judaïsants, assure do Couto^; de certains» Portugais puissants», d'après Faria y Sousa^. Ce qui est certain, c'est que beaucoup, jusque dans le clergé de Goa, supportèrent cette perte d'un cœur léger. Le doyen du chapitre se moqua de Diogo de Borba et de sa douleur excessive^. Le gouverneur lui-même ne fut pas affligé outre mesure de cette mort : il ne fit faire, à ce qu'il semble, aucune enquête sérieuse pour connaître les assassins. Au fond, prêtres et laïques n'étaient pas fâchés de voir disparaître cet inquisiteur qu'on trouvait indiscret et gênant.