‹ Saint François XavierChapitre 391 sur 820 · Mon. A"»!'., p · texte numérisé non relu

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de rinde de prédicateurs, soit de la Compagnie, soit de l'ordre de saint François, sans autre occupation spéciale ou principale que de prêcher : aux Portugais lesfétes et dimanches; le soir, aux esclaves des deux sexes et aux chrétiens indigènes sur les articles de la foi; une fois par semaine aux femmes et filles des Portugais sur le même sujet, la confession et la communion. Je sais par expérience que le grand besoin est là ^. »

La lettre à Maître Simon se termine par une grave homélie à l'adresse du souverain. « Travaillez avec le roi, pour dégager sa conscience. 11 me semble — plaise à Dieu que je me trompe ! — qu'à l'heure de la mort cet excellent homme aura des inquiétudes au sujet de l'Inde. Je crains qu'au ciel Dieu Notre- Seigneur et ses saints ne disent de lui : « Il a montré dans ses « lettres de bons désirs d'augmenter ma gloire dans l'Inde. « C'était uniquement pour cette gloire qu'il possédait ce pays en « mon nom. Mais jamais de châtiments pour ceux qui laissent « ses lettres et ses ordonnances sans exécution, tandis qu'il ne « manque pas de punir ceux qui sont chargés de ses intérêts « temporels, s'ils ne trouvent pas le moyen d'augmenter ses ren- « tes et ses domaines. » Si je savais que le roi connût bien l'amour sincère que je lui porte, je lui demanderais une faveur, et cela pour son service. Tous les jours il devrait passer un grand quart d'heure à demander à Dieu Notre-Seigneur la pleine et intime intelligence de cette parole du Christ: « Quid prodest homini si universum mundiim lucretur^ animae vero suae détrimentum patiatiLr?y) Qu'il prenne la pieuse coutume de terminer toutes ses prières ainsi : « Quid prodest^ etc.? » Il est temps, mon bien-aimé frère Maître Simon, de détromper le roi, car l'heure est moins éloignée qu'il ne croit, oii Dieu Notre-Seigneur lui fera rendre ses comptes en lui disant: « Redde rationem villicationis tuae... » Faites donc qu'il pourvoie l'Inde de solides fondements spirituels 2. »

Le séjour de saint François Xavier à Cochin fut très court. Arrivé le 13 janvier, il confiait, le 20, ses lettres aux vaisseaux

2. Mon. Xat>., p. 458. — « Que sert à l'homme de gagner le monde entier, s'il perd son âme?... Rends compte de ton administration. »

qui mettaient à la voile pour le Portugal et il commençait immédiatement sa tournée d'inspection.

Quelle était, aux Indes, à cette date, six ans après l'arrivée des premiers Jésuites, l'état de la Compagnie?

La mission comptait un collège à Goa et trois champs de travail \ le Travancore, la Pêcherie, les Moluques. Elle avait en tout quinze missionnaires.

Deux avaient rejoint François en octobre 1542, Paul de Camerino et François Mansilhas. Trois prêtres étaient venus en 1545 : les lettres de Xavier n'avaient laissé à Goa que Lancilotti ; Criminale et Jean de Beira étaient allés au Gomorin^. Puis, en 1546, une autre lettre datée des Moluques avait mandé dans l'archipel Mansilhas et Beira ^. Le vide laissé à la Pêcherie et au Gomorin devait être comblé par les missionnaires qui, cette année-là, viendraient d'Europe. Il en vint neuf. G'était plus qu'on n'attendait, plus aussi que n'avait soupçonné le supérieur. On crut ne pas contrevenir à ses ordres en retenant à Goa le Père François Pérez^. Puis, comme Mansilhas refusait d'aller aux Moluques, on le remplaça par le Père Nuno Ribeiro etle Frère Nicolas Nunez^. Nous les avons rencontrés à Malacca, au moment où ils s'y croisaient avec François. Les six autres allèrent dans le sud. Le Frère Adam Francisco s'en fut aiderMansilhas à Cochin*^. Le Père François Enriquez gagna le Travancore^, où il fut rejoint par le Père Balthazar Nunez*^. Enfin le Père Griminale, resté seul à la Pêcherie depuis deux mois avec ses prêtres indigènes, vit arriver le Frère

1. Voici le détail des recrues arrivées aux Indes en 1545 et 15i6. — 15't5, départ le 25 mars, arrivée à Goa le 2 septembre : les PP. Nicolas Lancilotti, Jean de Beira et Antoine Griminale (5e/. Ind. Ep., p. 7, 12). — i5'i6, départ le 8 avril {Ep. Mixtae, t. I, n. 75, p. 264), arrivée à Goa : 1° le 12 sept., PP. Fr. Enriquez et Fr. Parez, fr. Adam Francisco. — 2° le 17 sept., PP. Henri Enriquez, Alph. Cypriano, Nuno Ribeiro, Frères Manuel de Moralez, Balt. Nunez, Nicolas Nunez (5e/. Ind. Ep., p. 20 et 66). A ces noms, une lettre du P. Jean de Saint-Michel {Ep. Mixtae, loc. cit.) ajoute un nommé Christophe Ribeiro, prêtre, dont il n'est plus parlé dans la suite.

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