‹ Saint François XavierChapitre 390 sur 820 · Mon. Aac, p · texte numérisé non relu

Mon. Aac, p

2. P. 459. « Je tais le reste... Croyez-moi, je dis vrai, et je sais de quoi je parle. »

sera une excuse que de dire : Je n'étais pas tenu d'ajouter foi aux lettres du Père Françoise »

Il est facile ici de se méprendre et de prêter aux paroles de Xavier un sens qu'elles n'ont pas. S'il avait prévu que ses lettres dussent un jourtomber sousles yeux des ennemis de l'Église, il aurait sans doute exposé sa pensée sur ce qu'il attendait des gouverneurs avec plus de précision. Nous savons déjà qu'il n'a pas, pour l'intervention des puissances temporelles en pays de mission, la défiance que, à tort ou à raison, beaucoup professent aujourd'hui. C'est un point que nous avons déjà touché en parlant du Travancore et de l'expédition manquée de Jafnapatam.

Si le protectorat, tel que nous le voyons s'exercer aujourd'hui en Extrême-Orient, a ses inconvénients, François n'en a aucune expérience. Il juge d'après ce qu'il a sous les yeux. Puisque le Portugal est catholique, qu'il le soit dans ses colonies, et qu'il le soit à fond jusqu'aux dernières conséquences pratiques. Ces conséquences sont au nombre de trois : entraver les persécutions et par là donner la liberté de conscience; favoriser les conversions en multipliant les missionnaires; faire cesser le scandale des injustices dont les chrétiens sont victimes de la part des Européens. 11 n'y a pas autre chose sous la formule « faire des chrétiens » qui lui revient plusieurs fois sous la plume. Qu'on y ajoute, si l'on veut, des avantages temporels accordés par les Européens à leurs nouveaux frères dans la foi, l'on aura tout le compelle lut rare de saint François Xavier.

Nous avouons ne pas distinguer ce que les protestants peuvent bien trouver là d'anti-évangélique. C'est en vérité le minimum de ce qu'on peut demander à un prince chrétien ayant le sens de ses responsabilités^.

Et ce minimum, quand il le demandait à Jean III, François désespérait presque de l'obtenir. Par ailleurs, il savait qu'il y avait plus urgent et plus difficile. Il poursuivait dans sa lettre à Piodriguez : « Pour la décharge de la conscience du roi à qui la Compagnie entière doit beaucoup, je dirai qu'avant tout, il doit promouvoir le bien spirituel des siens; les infidèles viendront ensuite. Je voudrais qu'il pourvût toutes les forteresses

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