‹ Saint François XavierChapitre 404 sur 820 · PoLANCO, I, p · texte numérisé non relu

PoLANCO, I, p

5. Sel. Ind, Ep., p. 25 (lettre de Lancilotli sur le3 chrétiens de Cocbin).

et plantaient une croix sur la sépulture. Puis, tous à genoux, priaient pour le repos de cette âme. Ils étaient libres, en somme, de garder leur culte, et cependant, le sentant menacé par le contact des infidèles, ils souhaitaient reprendre leur esclavage et rentrer en pays chrétien. Plusieurs vinrent, dit-on, trouver saint François Xavier, lors d'un de ses séjours à la Pêcherie, le priant d'intervenir auprès de leurs anciens maîtres ^.

Cette persévérance d'Indiens baptisés en esclavage était de bon augure.

Avant de quitter la Pêcherie, sur le point de faire une absence ^ui risquait d'être longue, le Père François régla certains points importants. Le Père Criminale fut ofliciellement nommé supérieur de la mission-. Le Père Enriquez, qui commençait à bien parler la langue du pays, fut déchargé d'une partie de ses chrétientés et reçut l'ordre de composer une grammaire et un lexique. Un prêtre indigène dut traduire en tamoul le catéchisme écrit pour les Moluquois^. Enfin le saint consigna les expériences déjà acquises dans une sorte de mémorial qu'il leur laissa comme règlement. Quelques-uns de ses conseils sont à noter.

Le missionnaire doit être le véritable père de ses chrétiens. Avant tout, il doit chercher à se faire aimer : c'est un point sur lequel Xavier revient et insiste. Parfois il faudra savoir parler très ferme, menacer de la colère de Dieu, tonner contre les vices, et même bannir ceux qui feraient des idoles. Mais il faut aussi savoir attendre, surtout avec les enfants. Dans les litiges entre indigènes on tâchera de les amener à composition : si l'affaire est grave, elle sera soumise au Père Criminale ou au capitan, sinon, qu'on la discute devant les patangatins. Les chrétiens indigènes ont droit à leur réputation : François ne veut pas qu'on en dise du mal chez les Portugais ; il veut qu'on les défende. Les Portugais doivent le comprendre : la merveille, c'est que, chrétiens depuis peu, ils ne soient pas plus mauvais qu'ils ne sont. De même pour les prêtres de leur race : il faut veiller sur eux, mais ne rien écrire qui leur soit défavorable. S'ils défaillent, on avertira le Père Criminale. Quant aux

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