‹ Saint François XavierChapitre 413 sur 820 · Orlandini, 1. VIII, n · texte numérisé non relu

Orlandini, 1. VIII, n

Portugal ; à ce titre, le Portugal le défendrait contre ses ennemis du dedans et du dehors, et entretiendrait chez lui une petite garnison \

Le gouverneur eût voulu retenir le saint; mais le temps pressait, les vaisseaux de Malacca allaient partir ; François avait hâte de revenir à Goa. Castro n'insista pas : lui-même n'allait pas tarder à rentrer. Ses forces déclinaient. Epuisé de labeurs, il pressentait sa fin prochaine. Il n'avait fait qu'entrevoir le Santo Padre qui, disait-on, avait un don particulier pour préparer les âmes à paraître devant leur juge. Il voulait, en mourant, l'avoir auprès de lui. Xavier promit donc de ne pas s'éloigner de Goa avant son départ pour le Japon, c'est-à-dire de toute Tannée 15482.

Le missionnaire pouvait-il passer dans une ville sans y faire quelque conversion? Celle de Rodriguez de Sequeira, trésorier de Baçaim, est restée célèbre. Le Père de Quadros racontait en 1555 : « Je tiens de l'intéressé en personne, que, condamné au bannissement, la conscience dévoyée, il était allé trouver le Père Maître François en personne dans une forteresse (Malacca); il lui avait exposé ses misères. Le Père l'accueillit à l'hôpital — c'était là qu'il logeait — l'entendit en confession, le fit communier tous les huit jours, le remit dans la bonne voie, lui obtint le pardon de ceux qu'il avait offensés et lui ordonna de rentrer en Portugal. Le pécheur se laissa persuader et prit le chemin des Indes. Entre autres choses que le Père lui dit en le congédiant, il lui recommanda, par-dessus tout, de se confesser. «C'est « à ce prix que vous serez mon ami et que vous me paierez « votre dette de reconnaissance. » La promesse fut donnée. Mais à peine éloigné, le Portugais oublia ses engagements, resta dans l'Inde pendant deux ans, et cela sans se confesser. C'est alors que le Père revint aux Indes et parut à Baçaim. L'autre s'y trouvait et alla rendre visite à Xavier; mais le Père lui dit: « Senhor un tel, vous avez bien mal accompli ce que je vous « avais recommandé, vous ne vous êtes pas confessé une seule « fois depuis notre séparation. » Or cela, il lui était humainement impossible de le savoir : il y fallait une révélation divine. —

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