‹ Saint François XavierChapitre 417 sur 820 · Faria y Sousa, t. II, P. II, ch · texte numérisé non relu

Faria y Sousa, t. II, P. II, ch

d'Aden. Au Portugal, il fallait cette clef delà mer Rouge et de l'Egypte. Et justement la forteresse venait d'être prise par un émir voisin, qui, pour conserver sa conquête, en appelait à Castro. Deux flottes partirent, l'une de Baçaim, l'autre de Goa; et, à leur tête, se trouvait le fils du gouverneur, don Alvaro^

Ici autre épisode célèbre de conversion. Parmi les officiers qui s'embarquaient, il y en avait un, très brave, très dédaigneux de la mort, mais dont les débauches faisaient pitié, « un vrai janissaire au milieu de soldats catholiques », dit le Père de Sousa. Xavier connaissait ce genre d'hommes, il entreprit de le gagner. Il ne manquait pas, à l'occasion, de lui adresser un mot aimable. En secret, il priait comme il savait prier, avec abondance de larmes. Le jour du départ, le saint était au port, son bréviaire sous le bras. 11 demanda à cet homme sur quel vaisseau il allait monter. « Cela se trouve bien, continua-t-il, nous ferons route ensemble. » On dut être quelque peu surpris de voir arriver ce nouveau passager : personne ne savait qu'il dût être de l'expédition.

Le vaisseau partit. Bientôt Xavier jugea le moment venu, et, sans plus tarder, parla de confession. L'officier, que la grâce travaillait, répondit en soupirant qu'il ne s'était pas confessé depuis dix-huit ans. Mais était-ce de sa faute? Un jour, avant de partir poirr une guerre, il s'était présenté au vicaire de Goa, qui lui avait refusé l'absolution, comme à un impénitent et à un sacrilège. Dès lors, à quoi bon? il était perdu. Xavier le consola, le remonta, l'aida à préparer une confession générale.

Peu après, le navire s'arrêta pour faire eau dans le port de Cariapatam, 23 lieues au nord de Goa. On descendit, et Xavier entraîna son pénitent dans un bois. Curieux de voir ce qu'ils allaient faire, un nommé François Ledo et un autre soldat les suivirent. De loin, ils virent le prêtre au pied d'un arbre : l'officier était à genoux et se confessait en pleurant. La confession finie, la pénitence donnée — un Pater et un Ave — le saint s'enfonça dans le fourré. Peu après, le pénitent qui ne le voyait pas revenir et soupçonnait quelque chose, alla le chercher. Il le trouva, les épaules nues, un crucifix dans la main, se flagellant

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