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faire aboutir ses requêtes clans les affaires des chrétiens. Mais Michel Vaz, avec son énergie, en faisait bien plus. Ce qu'il nous faut, c'est Maître François. » Eux aussi, les Pères auraient besoin d'un supérieur. Ils sont irréprochables, leur vie est toute de vertu ; mais ils n'ont pas d'expérience. Ils agissent à contretemps. Sur une information qui leur vient, ils s'ingèrent en une affaire où ils sont mal reçus. Ce sont les Portugais qui les égarent, leur inspirent une foule de projets qu'ils veulent voir aboutir tout de suite, et pour lesquels il faudrait du temps. On les adresse au gouverneur, aux officiers ; on les fait aller et venir du Coinorin à Goa. Bref il leur faut un supérieur capable ^
Un supérieur, c'est encore ce que réclamaient et François Xavier lui-même et Lancilotti. François demandait un guide pour son âme en péril, et, pour les Pères, un chef choisi par Ignace en personne^. Lancilotti écrivait au saint fondateur:
« Je ne demande à Votre Révérence qu'une chose aujourd'hui : si vous nous aimez, vous qui nous avez engendrés en Jésus- Christ, envoyez ici un homme probe, lettré, un profès de la Compagnie, à qui tous nous obéissions, à qui nous puissions recourir en nos difficultés, qui ait, de par Votre Révérence, pleine autorité. » Qu'il arrive avec pleins pouvoirs pour accepter ou rejeter le collège, et, si on l'accepte, pour décider à quelles conditions^.
La mort de don Diogo de Borba en février 1547, puis, un an après, le retour de Maître François ne changèrent rien à la situation gênée des Pères. Les majordomes songeaient-ils alors à abandonner complètement leur œuvre entre les mains de Xavier? Nous ne savons. Mais Xavier ne pouvait rien recevoir définitivement sans délégation du Père Général, et eux, les majordomes, ne pouvaient aliéner leur maison sans l'aveu du roi. Les choses restèrent donc en l'état, le supérieur se bornant à prêcher la patience et la soumission.