‹ Saint François XavierChapitre 429 sur 820 · SousA, t. II, p. 56; — Franco, t. ï, p · texte numérisé non relu

SousA, t. II, p. 56; — Franco, t. ï, p

3. Costa GoODOLPHiM, As Misericordias, Lisbonne, 1897, p. 50.

4. Mon. Xat>., p. 876. Lui aussi le B' Pierre Le Fèvre faisait ses réserves. « A moi, tout peut sembler or pur, et aux yeux d'un autre n'être que boue. » (Astrain, t. I, p. 589, note.) Polanco dit de même : Erant... qui... fraeno prorsus indigcrent (t. I, p. 197, cf. p. 699-670). Saint Ignace devra intervenir et rappeler que la meilleure mortification est celle de la volonté par l'obéissance [Mon, Ignatiana, Epistolae, 1. 1, p. 495). Il interdira

restait pour les humbles une école de hautes vertus. C'était comme le séminaire des missions portugaises. On partait de là pour les Indes, l'Ethiopie, le Brésil, le Congo, en attendant la Chine, la Cafrerie, le Japon. Une mission nouvelle était-elle proposée par le roi, toute la maison, recteur en tète, s'offrait à partir, et beaucoup pleuraient de se voir exclus ^ Là vivaient, attendant l'heure de Dieu : le premier Jésuite qui entrera en Ethiopie, Gonzalve Rodriguez; trois futurs évêques de cette même église, Jean Nunez Barreto, André Oviedo et Melchior Carneyro ; le protomartyr de l'Afrique australe, Gonzalve de Silveyra et vingt autres. Ils se préparaient à l'apostolat lointain en vivant d'aumônes, logeant à l'hôpital, multipliant les missions de campagne, visitant les prisons^.

Parmi ces travailleurs, citons à part Antoine Gomez dont le nom reviendra souvent dans ce récit. Maître es arts, docteur en droit canon, c'était un brillant sujet de l'université de Coïmbre. Après avoir distribué aux œuvres de charité son copieux patrimoine, il était, en 1545, entré dans la Compagnie. Deux ans après, nous le trouvons qui parcourt toutl'Entre-Douro-et-Minho, prêchant trois et quatre fois lejour en plein champ et suivi d'une foule immense. Presque tous les jours, son compagnon et lui, entendaient près de cinq cents confessions. On abandonnait, pour les écouter, jusqu'aux courses de taureaux 3.

Là encore nous trouvons le Père Gaspard Barzée, le plus célèbre parmi les collaborateurs de Xavier^.

Il n'avait rien du flegme que l'on prête à ses compatriotes. C'était une âme ardente et simple. Sa candeur d'enfant faisait de lui le plus souple des obéissants. Avec cela, entreprenant, aventureux; rien ne le démontait. Sa vie avait été agitée. Maître es arts à l'université de Louvain; puis, par amour du changement,

certaines mortiGcalions publiques introduites à Rome par le P. J. Eguia (Nadal, Epistolae, t. II, p. 3). Un des reproches qu'on fera plus tard au P. Rodriguez était celui-ci : « Con los femorespeligrosos mas estimados d'el que las virtudes verdaderas ». Astrain, p 687.

1. PoLANco, I, p. 253, à propos de la mission du Congo, 1547.

2. Litterae quadrimestres, t. I, p. 17; — Polanco, t. I, p. 197,255, etc.

3. Litterae Mixtae, t. I, p. 375; — Polanco, t. I, p. 158, 253, 256.

4. De son nom flamand, Berse. — Sa vie a été écrite par le P, Trigault : Vita G. Barzaei, Belgac... Anvers, 1616; et en hollandais par le Père Van NieuwenhofF, Gaspar Berse, of de Nederlandsche Franciscus Xaverius, 1870. Cf. Bartoli, Asia, 1. V , et Degli uomini e de fatti délia C. de G., t. II. Ses lettres, éparses en d'anciens recueils, n'ont pas encore été réunies {Somme rvogel, t. I, p. 996).

soldat de Charles-Quint; par dégoût du métier, ermite au Mont- Serrat ; par fatigue et pour vivre, domestique d'un trésorier royal à Lisbonne. Dieu l'attendait là. 11 fut reçu au noviciat de Goïmhre en avril 1546.

Ce que fut le ferveur du novice, on en peut juger par ces lignes : « Je ne suis point entré en religion pour être servi, non pour chercher des délices, mais pour trouver Jésus crucifié, le suivre dans la sainte pauvreté, la chasteté, l'obéissance, comme je l'ai déjà promis. Je déclare de nouveau et professe être prêt à tout. Je me remets tout entier entre les mains de Votre Révérence, pour être à jamais le coadjuteurdesPères profésde la Compagnie de Jésus, servir à la cuisine, balayer la maison, acheter les provisions, être le valet et le commissionnaire des Pères, pour porter leurs lettres et tous leurs autres messages sur terre et sur mer, partout enfin où ils m'enverront pour le plus grand service de Dieu, soit dans les régions chrétiennes, soit chez les Sarrasins, Turcs et Païens. Je me livre entre les mains de Votre Révérence au nom de Jésus-Christ, afin de suivre, non seulement Votre Révérence elle-même, mais le dernier des membres de notre Compagnie, dans les offices les plus humbles de l'extérieur et de l'intérieur. Je servirai de même le prochain, quel qu'il soit, pour le service de Dieu, sans exception aucune, lépreux, pestiférés, cancéreux, tous les infirmes de l'hôpital, quels que soient la nature et le caractère contagieux de leur mal. Je m'offre, enfin, pour toute espèce de voyages vers les contrées les plus éloignées, les Indes, l'Abyssinie, etc. J'irai sous des vêtements grossiers et déchirés, je m'exposerai à la faim et à la soif, au froid et au chaud, à la pluie et à la neige, à toutes les privations et à toutes les épreuves, selon l'ordre de Votre Révérence ou de tout autre qui me le commandera en votre place. Je suivrai l'Agneau partout où il ira : je le suivrai d'un pas égal et toujours animé d'une même pensée : je ne désire point être profès et je ne veux avoir à celte intention aucune volonté propre, me soumettant toujours à la suprême volonté de Jésus-Christ et à celle de Votre Révérence'. » Barzée se tenait donc prêt à

1. PAc;i;s, Lettres de S. François Xafier, t. II, p. 238. On trouvera là un certain nombre de très beaux fragments. Les historiens racontent que Barzée, à son entrée au noviciat, eut soin de dissimuler ses grades universitaires et ils racontent ensuite avec force

partir pour les Indes au premier signe. Ce signe lui fut donné au moment où il ouvrait une mission près de Coïmbre. Il eut un moment de stupeur, tomba à genoux pour remercier Dieu, prêcha comme s'il avait devant lui ces Orientaux qu'il allait évangéliser, passa un jour, puis une nuit, toujours à jeun, à entendre les confessions et partit ^

La traversée fut occupée par les exercices de zèle et de charité. Au début l'on se moquait du prêtre flamand ; à la fin, il était roi sur le vaisseau. Il fit faire les Exercices au capitaine, organisa la police des moeurs, gagna à la Compagnie un futur martyr, Louis Mendez^. Durant une épouvantable tempête qui dura trois jours, on le vit, debout près du timon, prêchant, chantant, bénissant les vagues à mesure qu'elles se précipitaient sur le navire.

A Mozambique, il ne voulut loger qu'au lazaret pour soigner les malades. Il put constater qu'on n'y avait pas oublié Xavier. Le vicaire du lieu avertit charitablement les Pères que l'haleine des malades était dangereuse. Pour ne pas l'avoir évitée leSanto Padre était tombé malade. Il fallait être prudent^. Mais y a-t-il une prudence pour l'amour? Barzée et ses frères poursuivirent leurs labeurs durant seize jours, puis reprirent la mer, et, un mois après, le 4 septembre, étaient devant Goa.

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