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se jeta aux pieds du Provincial, suppliant qu'on fît de lui un frère coadjuteur. Alors Simon Rodriguez proposa au postulant d'aller en habits de soie, à travers la ville, où tout le monde le connaissait, monté à rebours sur un âne. Neuf mois après, Fernandez était jugé mûr pour la vie des missionnaires. Avec Xavier et Gosme de Torrès, il aura la gloire de fonder la mission du Japon'.
On multiplierait les exemples semblables. Melchior Nunez, le second successeur de Xavier comme supérieur, le premier Jésuite qui mit le pied sur le sol de Chine, venait de recevoir le bonnet de docteur en droit canonique. Il se présenta au noviciat, et Rodiguez lui ordonna d'aller immédiatement porter ua quartier de mouton à l'un de ses examinateurs^. Son frère, Alphonse Barreto, pieds nus, la corde au cou, allait au pilori de la ville s'exposer aux risées de la foule. Lisbonne ne s'étonnait pas outre mesure de ces procédés. Elle trouvait tout simple que, pour frapper l'esprit des hérétiques venus là pour leur commerce, des processions de 800, 1,000 flagellants parcourussent la ville, le soir, en se donnant de sanglantes disciplines^. Saint François Xavier ne paraît pas avoir goiité beaucoup ce genre d'exhibition. Il écrirabientôt : « Si quelqu'un Adent se présenter à vous avec le désir d'être reçu dans la Compagnie et qu'il vous paraisse lui convenir, ayez grand soin que les œuvres de mortification que vous lui imposerez pour le former n'excèdent pas sa capacité et ses forces spirituelles; au lieu de nourrir en lui et de fortifier l'esprit, cela tuerait son courage. Point de ces étrangetés qui excitent les moqueries, bien loin d'édifier les séculiers. Les bonnes mortifications, c'est de servir les malades à l'hôpital et les prisonniers, ainsi que lesautres œuvres de miséricorde qui se présentent, comme d'aller quêter déporte en porte pour l'amour de Dieu en faveur des prisonniers et des malades''. »
Mais le danger étant surtout l'excès dans la ferveur, Coïmbre
1. Framco, Imageni de virtude em o nociciado... de Coimbre. Evora, 1719, f°,t. II, p. 312.