‹ Saint François XavierChapitre 436 sur 820 · I. — Xavier à la Pêcherie (octobre · texte numérisé non relu

I. — Xavier à la Pêcherie (octobre

Le retour du saint chez les Paravers fut un triomphe. Ils vinrent l'attendre sur le rivage et il débarqua au son de ces cantiques qu'il leur avait appris. Ils étendaient leurs habits sous ses pieds, et, le soulevant sur leurs épaules, le portèrent juqu'à l'église ^ La mission avait grandement besoin de lui. Les incursions des Badages avaient repris, nous ne savons sous quel prétexte. Les missionnaires payèrent leur tribut à la persécution. Manuel de Moralez, trahi par de faux amis, fut vendu comme esclave. Racheté très cher par ses chrétiens, il se vit encore plusieurs fois menacé de mort^. Balthazar Nunez fut pris deux fois, et faillit, le premier de la Compagnie, recevoir la couronne du martyre. Il fut sauvé par ses petits élèves chrétiens, qui se déclarèrent préls à mourir pour lui^.

La persécution n'empêchait pas le progrès. La caste des Paravers continuait à se convertir; pagodes et pagodins disparaissaient, remplacés par des chapelles. Pour le travail, les Pères suivaient strictement les règles posées par leur supérieur. Mais toutes les santés n'étaient pas à la hauteur de l'effort. Peu après le passage du saint, « notre très doux frère Adam Francisco^ », comme l'appelait Xavier, mourait à la peine.

Un des ouvriers les plus en vue était Henri Enriquez. Sur l'ordre de François, on s'en souvient, il s'était adonné à l'étude des langues indigènes. Il devait composer grammaires et

1. POLANCO, t. I, p. 346; — Valignano, p. 86; — Lucena, 1. VI, ch. 6, p. 400.

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