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en impose, qui prennent leurs illusions pour vérités indiscutables, confondent leurs idées avec celles des autres, se croient approuvés à fond quand seulement on ne les a pas contredits en face, s'imaginent obéir quand ils en font à leur tête et envahissent volontiers le terrain d'autrui. Les gens du dehors, séduits par le talent de l'orateur, eurent peine à se rendre à l'évidence. Mais, au collège, il y avait un esprit perspicace, Lancilotti. Voici ce qu'il écrivait à Rome, moins de trois mois après l'arrivée de Gomez. On verra que le nouveau recteur avait été vite en besogne .
« Le voilà supérieur de la maison et de nous tous qui sommes en ce quartier des Indes. Espérons qu'avec le secours de Dieu, il s'acquittera de sa supériorité à l'édification universelle. A dire vrai, il est plus prédicateur et confesseur qu'homme de gouvernement. Le public lui est très favorable. Ses sermons font beaucoup de bien ; aussi le fondateur du collège, Gosme x\nes, s'emploie à lui passer la pleine autorité sur l'établissement, au temporel comme au spirituel... Aussitôt entré en charge, ledit Antoine s'est mis à tout réformer. Il voulait, disait-il, sur la question des études, que la maison fût stilo parisiensiy . Pour les exercices de piété, il veut introduire nos usages de Goïmbre . G'est à quoi il s'occupe pour le moment. Ce sera malaisé. Les élèves sont raccolés de dix nations plus barbares les unes que les autres, les plus barbares, les plus incultes du monde. A Votre Révérence d'examiner tout cela avec prudence. A bon entendeur, il n'est pas nécessaire d'en dire plus long 2. »
Saint Ignace demanda des explications, et le 12 janvier 1552, Lancilotti répondit : « Puisque vous voulez savoir ce qui se passe chez nous, je ne crois pas devoir taire ceci : Antoine Gomez est venu pour être notre supérieur à tous; mais il est si autoritaire et si dur, que lui-même aurait grand besoin d'un supérieur. Un honnête homme, sans doute, mais si savant, si zélé, si ardent, qu'à son avis tous les nôtres qui vivaient aux Indes avaient à renaître ; ils ne comprenaient rien à la manière de faire de la Compagnie. Aussi s'est-il mis à tout réformer : le manger, le boire, le sommeil, la lecture, la prière, les messes, il a tout réglé, qualité et quantité. Bref, recédant vetera^ nova