‹ Saint François XavierChapitre 456 sur 820 · Cf. SousA, I, p · texte numérisé non relu

Cf. SousA, I, p

;î. Mon. Xav., p. 475.

En toute justice, Xavier pouvait se rendre le témoignage que, comme supérieur, il cherchait à se faire aimer. Aussi, unissant les faits aux paroles, et sachant ce qui par-dessus tout ferait plaisir à ses frères, il demande au Père de son âme de bien vouloir encourager les plus zélés d'entre ses missionnaires. Il y a, par exemple, Henri Enriquez qui travaille avec tant de fruit au cap Gomorin, qui, par ses vertus, par la science qu'il a du tamoul, vaut, à lui seul, deux missionnaires. Gomme un mot venu de Rome lui ferait du bien ! Puis l'éloge du Père Griminale, des nouvelles du Père Gypriano, ce vieil ami du Père Ignace, de Lancilotti qui, toujours petite santé, se remet pourtant sous le climat plus salubre de Goulam^.

François détaille ensuite les besoins religieux de l'Inde. Dans une lettre à Jean III, il développait au long ses idées sur les œuvres d'éducation. Gette lettre est malheureusement perdue. La substance en a peut-être passé dans celle qu'il envoyait à saint Ignace. « En ces régions, lui disait-il, on compte 14 ou 15 forteresses où vivent les Portugais. On pourrait,siIe roi aide à la fondation, y établir autant de collèges. Partout il faut un prédicateur-'. » Son compagnon confesserait, donnerait les Exercices, ferait la classe. Ge serait le commencement de collèges destinés avant tout aux enfants portugais et ensuite aux indigènes. Ges jeunes Portugais sont de catégories diverses. Il en est une particulièrement intéressante, les enfants d'officiers morts aux Indes au service du roi. Personne ne s'occupe d'eux. Onneleur paiepasla dette contractée enversleurs parents. Qu'on leur fonde un collège, ce sera un moyen de réparer cette injustice. Çà et là, il faudrait des orphelinats semblables pour les indigènes^. A ces fondations l'on pourrait assigner un revenu de 5,000 écus d'or, pris par exemple sur les rentes de Bacaim^.

Parmi ces forteresses, il faut s'occuper d'abord d'Ormuz et de Diu^. Les Portugais y sont absolument abandonnés. Dans la pensée de Xavier, Gomez est destiné à fonder une station à Ormuz, Plus au sud, Baçaim : déjà Melchior Gonçalez est sur

les lieux, l'affaire du collège est en bonne voie^ A Goa, l'administration du collège est maintenant entre les mains de la Compagnie. Il n'y manque plus que la sanction royale 2, Ajoutons, ce que François ne dit pas, que les revenus viennent d'être plus que doublés-^. Le collège peut donc prendre de nouveaux développements. Le saint ne parle pas de le transformer: il le garde tel que les fondateurs le lui ont laissé.

Descendant vers le sud, nous rencontrons Cranganor. « Il y a là, raconte Xavier, un joli collège, œuvre d'un Franciscain, fray Vincent (de Lagos). 11 compte une centaine d'écoliers, fils des chrétiens de Saint-Thomas. L'édifice est beau, le site agréable. Le frère Vincent a fait beaucoup de bien dans l'Inde. Nous sommes fort amis. » Et le saint de prendre la défense du Franciscain qu'on a calomnié auprès du roi. Un Père de la Compagnie ne pourrait-il aller lui prêter main forte ' ?

Quelques lieues plus loin, Cocliin : la fondation d'un collège est chose décidée; l'affaire est en train ^. Enfin Coulam : le Père Lancilotti, toujours fatigué, toujours crachant le sang, groupe autour de lui des orphelins ; autre collège qui commence. En 1550 il aura déjà 50 élèves. Mais il faut que le roi vienne en aide au missionnaire. La vie n'est pas chère en cette ville, encore faut-il quelques ressources^.

L'année 1549 ne se passera donc pas que la Compagnie ne compte aux Indes une résidence nouvelle, Ormuz, et l'embryon de trois nouveaux collèges, ce qui, avec Goa, portera à cinq le

Page 1