Ibid., p. 202, note; — Astrain, p
faiteur en effet se met au pouvoir de celui qu'il a offensé ? Cela seul suffit à Votre Grâce pour reconnaître clairement la fausseté des accusations portées contre maître Ignace. Je la supplie instamment de converser avec lui, d'ajouter foi à ce qu'illui dira, persuadé qu'elle tirera grand profit de ses conseils. Et tout ce qu'il vous dira de ma part, croyez-le comme si je vous le disais moi-même. »
En même temps, François priait son frère d'avoir pitié de sa pauvreté et de confier au porteur de la lettre quelques secours pour lui.
Cette lettre produisit-elle tout l'effet qu'il en attendait ? On peut se le demander. Quelques mois après en effet, ses frères se décidaient à une démarche qu'il avait réclamée depuis longtemps, et dont maintenant, ils devaient au moins le soupçonner après la visite d'Ignace, il était décidé à se passer.
Il avait, on s'en souvient, le 13 février 1531, donné mandat à ses frères pour obtenir des lettres testimoniales de noblesse. 11 avait même écrit à son oncle, dignitaire du Chapitre de Pampelune, pour que, en son nom, il y acceptât quelque bénéfice ^ Depuis trois ans, ses frères n'avaient rien fait. Soudain, en septembre 1535, ils font commencer l'en^tiuête. Le samedi 2 octobre, copie des pièces officielles est affichée aux portes de la cathédrale, pendant la messe de Notre-Dame, par devant trois témoins. Le 7 octobre, on les lit solennellement au château de Xavier, et don Michel, chef de la famille, y appose son sceau. Le 4 août suivant, au nom du roi Charles-Quint, la Corte-mayor de Pampelune déclarait don Francisco de Jassu y Xsivier hijodalgo noble et gentilhomme suivant les quatre tiges de la généalogie paternelle et maternelle 2.
Est-ce pousser trop loin les conjectures que de voir, avec le Père Cros, dans cet acte tardif posé par la famille de François, alors que sa rupture avec le monde ne pouvait plus être un «ecret, le dernier effort du monde pour le retenir^ ?
1. Gros, Doc, p. 320. Cette dernière pièce a été vue aux archives du Chapitre de Pampelune par le P. G. de la Pèna, en 1620. Elle était datée de Melun.