V. — Projets sur le Japon
C'était en partie pour fuir ce spectacle décourageant que Xavier avait hâte de repartir : « Je m'en vais au Japon. Là du moins, il n'y a ni musulmans ni juifs : rien que des païens, un peuple curieux, avide de nouveau et sur Dieu et sur la nature. Je suis déterminé à y aller : cette pensée me console. Là, ce me semble, les indigènes pourront perpétuer par eux-mêmes le bien qu'y auront fait ceux de la Compagnie^. »
Le Japon, toute sa pensée est là désormais. Enfin Dieu lui a donné la lumière ; c'est là-bas qu'il doit aller maintenant. Au mois d'avril il partira. Ses deux compagnons seront Cosme de Torrès et Jean Fernandez, un prêtre et un frère. Il les conduira, explorera le pays, puis reviendra, leur laissant le soin de poursuivre son œuvre.
Il aurait voulu faire ordonner prêtre Fernandez. Ce nouveau venu, avec sa petite santé, avait l'âme si vaillante que le saint l'avait jugé fait pour les lointaines entreprises. Homme d'oraison, il passait à genoux en prières jusqu'à trois et quatre heures par jour. Xavier lui ordonna de recevoir la tonsure, de dire le bréviaire et de se préparer aux ordres. Stupéfait, l'ancien jeune élégant de Coïmbre supplia avec tant d'instances qu'on le laissât dans son humble degré de frère que le supérieur dut se rendre. La volonté de Dieu sur cette âme était claire. Nous verrons dans la suite si Xavier avait bien auguré de lui'.
Avec les trois missionnaires devaient repartir le néophyte