Mon. Xat'.. p. 858, 85'.), note
9. Lettre de Lancilotti, 12 Janvier 1551. Sel. Ind. Ep., p. 1.55.
Gomez pour le défendre. Exilé à Ormuz, que pourrait Fancien recteur^?
De son côté, Barzée, stupéfait que l'on pensât à lui pour une pareille charge, alléguait ses défauts, son entrée récente dans la Conipagnie, son âme mal purifiée des souillures du monde. Xavier savait qu'en penser et laissait dire"^ Enfin Barzée put croire que ses prières l'avaient emporté. Gomez restait à Goa, conservait ses fonctions et c'est lui qui partait pour Ojrmuz. Le Père François avait de graves raisons cependant pour éloigner cet esprit brouillon. Mais, devantl'oppositionque soulevait cette mesure, il crut devoir céder pour un temps. Si souvent déjà il avait passé par-dessus les désirs de ses amis et enlevé au séminaire d'excellents ouvriers pour les envoyer en mission! Cosme Anes, l'évêque, d'autres encore, avaient le droit d'être entendus quand il s'agissait des intérêts de la ville et du collège.
11 fallait cependant répondre aux justes réclamations des Pères, les soustraire à l'humeur autoritaire de Gomez, l'isoler sans nuire à sa réputation, et circonscrire son activité envahissante.
Ici commence une série de difficultés qui dureront tant que se prolongera l'état provisoire de la mission, c'est-à-dire six années encore. François n'enverra pas la fin. Seule, la promulgation des Constitutions dans les Indes, en 1555, y mettra un terme. En attendant, les distances énormes, la lenteur des communications, la nécessité pour le supérieurgénéral de faire de longues absences, les morts soudaines et multipliées enlevant les supérieurs subrogés, la quasi impossibilité où l'on est longtemps en Europe de se rendre un compte exact des besoins de l'Orient, tout contribue à perpétuer un état de malaise. L'autorité reste indécise, ignorant ses vraies limites. Les circonstances sont plus fortes que les meilleures volontés.
En prévision des périodes prolongées où le Père François serait obligé de vivre loin de Goa, saint Ignace avait réglé que l'intérim serait fait par le recteur du collège. Donc, tant que le saint serait au Japon, l'autorité revenait de droit à Antoine Gomez. C'est précisément ce que voulait éviter Xavier. 11 lui