Mon. Xaf.,iK 872, n. 8, 9; p. 869, n
particulière... Je ne prétends pas que vous n'ayez pas à lire des livres écrits ; vous devez le faire, chercher les textes de la sainte Ecriture et les exemples des Pères, les autorités, les remèdes contre les vices et les péchés que vous voyez et que vous lisez dans les livres vivants'. »
Cette étude inspirera au prêtre une éloquence d'exhortation, chaude et pressante: «Reprenez les vices, gémissez sur les offenses faites à Dieu, sur l'éternelle condamnation des pécheurs dans l'enfer. Parlez de la mort subite qui prend les hommes au dépourvu. Çà et là introduisez une sorte de dialogue entre le pécheur et Dieu, ou faites tonner la colère de Dieu contre le pécheur; excitez le plus possible à la contrition, aux larmes, poussez à la confession, à la communion. Voilà par où la prédication est fructueuse-. »
Eloquence forte, mais sans invectives. Les violences de langage étaient à la mode. Aux Indes, ce défaut était aussi à craindre qu'ailleurs; les abus s'y mutipliaient, criants et bien faits pour exciter l'indignation des cœurs zélés. François, qui en avait tant souffert, avait su modérer les éclats publics de sa douleur et il écrivait: « Très spécialement, je vous recommande de ne jamais reprendre, du haut de la chaire, les personnes constituées en dignité. Ce procédé n'aboutit qu'à les endurcir. S'il est nécessaire, avertissez-les en particulier, chez eux; parlez-leur d'un visage riant, sans rudesse, sur un ton aimant et doux, et, selon les gens, embrassant les uns, vous humiliant devant les autres. S'ils sont de vos amis, reprenez-les avec plus de confiance; plus ou moins, selon le degré d'amitié. La rigueur, en fin de compte, est mal accueillie des gens riches et puissants, facilement ils perdent patience et respect et vous les auriez pour ennemis^. »
Les conseils relatifs à la confession sont pleins du même esprit de patience, de prudence et de douceur. Ils nous montrent à quels pénitents notre saint avait affaire. Gros, et parfois très gros pécheurs — nous les connaissons déjà — retenus loin de Dieu par les liaisons coupables, le bien mal acquis,
les inimitiés. Il faudrait les amener à préparer leur confession par deux ou trois jours de retraite, pendant lesquels, non seulement ils examineraient leur conscience, mais ils mettraient à exécution ce qu'ils seraient bien obligés de promettre s'ils veulent être absous, ruptures, réconciliations, restitutions \
Parfois, à force de vivre loin des chrétiens et des sacrements, ils ont presque perdu la foi dans l'Eucharistie. « Obtenez d'eux qu'ils vous disent toutes leurs infidélités, doutes et imaginations. Aidez-les de tout votre pouvoir à croire, comme ils le doivent, en la présence réelle de Jésus-Christ notre Rédempteur en ce divin Sacrement. Le grand moyen pour eux de sortir de leurs erreurs et péchés sera de communier plus souvent^. »
« En confessant les officiers du roi, capitaines, facteurs et autres, toutes personnes qui ont à ferme la fortune d'autrui, obtenez d'eux un compte détaillé de la manière dont ils gagnent leur vie, s'ils paient leurs dettes, s'ils établissent des monopoles, s'ils se servent de l'argent du roi pour leur propre commerce et autres particularités du même genre. 11 ne suffit pas de les interroger en général s'ils détiennent le bien d'autrui. Habitués qu'ils sont à compter pour rien ces injustices, ils passeraient par-dessus et vous répondraient qu'ils ne doivent rien à personne, alors qu'ils sont obligés de beaucoup restituer et à quantité de gens. Il faut le leur déclarer, en procédant par interrogations, comme j'ai dit*^. »
C'est par la conversation, mais une conversation enjouée, allègre, affable, que le prêtre gagnera les cœurs. S'il a des reproches à faire, il les fera en particulier, avec amour et bonne grâce. On sentira que ce qu'il hait, c'est le péché, non le pécheur. Il aura, dans la semaine, un moment pour s'occuper des réconciliations, pour terminer à l'amiable ces procès qui entretiennent les divisions et où l'on dépense plus que ne vaut l'objet en litige. Quant aux gens de loi, comme ils pèchent beaucoup en ces matières, qu'ils fassent les Exercices''.