‹ Saint François XavierChapitre 482 sur 820 · Sel. fnd. Ep., p · texte numérisé non relu

Sel. fnd. Ep., p

5. Mon. Xai>., p. 558-559; cf. p. 564. Voir encore Polanco, t. I, p. 358.

d'autre prêtre que lui dans la ville : aussi la besogne l'écrasait * : « Je suis seul, écrivait-il, je n'y puis suffire... On a grand besoin de clergé ici, car le port est important... et ce sont des prêtres instruits qu'il faudrait. » Nécessité d'autant plus pressante qu'il y avait à lutter contre de redoutables rivaux. Juifs malabars de Cochin, juifs de Turquie, musulmans d'Arabie, de Perse, et même d'Europe, faisaient des prosélytes dans le monde infidèle. « Les musulmans, disait encore Pérez, viennent ici prêcher la loi maudite de Mahomet. Rien ne leur fait peur, la mer, la faim, la soif, les ennemis, les périls quels qu'ils soient. Ils ont fait et font encore beaucoup de mal parmi les gentils. Ce sont nos grands adversaires-. » Ces faux docteurs se refusaient aux controverses directes, mais il fallait répondre à leurs attaques; et que leur dire, quand ils accusaient les chrétiens de vivre « sans loi, sans honnêteté, sans bonne foi » ? Pour Pérez, comme pour Xavier, la conclusion, c'était un appel au zèle de ses frères d'Europe : « Donc, mes Pères, oporLet e.xeamus e terra nostra^. Que faisons-nous? Pourquoi dormir? Pourquoi être si mauvais serviteurs, cacher les talents que le Seigneur nous a confiés? Si les Apôtres n'étaient pas sortis de Judée, ils n'auraient converti ni la Grèce, ni l'Italie, ni l'Espagne, ni l'Ethiopie du Prêtre Jean. »

Xavier rendit au Père Pérez ce beau témoignage : « Je suis dans l'admiration du grand bien accompli par lui. Ce n'est certes pas un ouvrier négligent dans la vigne du Seigneur : c'est un travailleur. Il n'a même pas le temps de dormir et de manger. Ce n'est pas à luique Notre-Seigneur dira : Quid statis hic tota clic otiosi'*? 11 est toujours occupé à fouir [cavar) dans les âmes pour en extirper le péché... H y a un tel concours à ses sermons que la Se (cathédrale) est trop petite. C'est un homme avenant; il plaît à tous, au capitan comme au public; et c'est pour son zèle qu'on l'aime. Pour moi, je reste confus

1. Un jeune noble nommé Jean Bravo, gagné par son exemple, se mit sous sa direction et Xavier le reçut dans la Compagnie (5e/. /n<f. /?/?., p. 70-71, 73-74; — Valignaxo,p. 85) et lui remit un petit règlement de vie [Mon. Xai\, p. 885). Il partit, pour l'Inde en novembre 1550 {ibicL, p. 5G0) et mourut en juillet 1575 (Bartoli, Àsia, 1. II, n. 36).

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