‹ Saint François XavierChapitre 486 sur 820 · Bartoi-i, 1. VI, n · texte numérisé non relu

Bartoi-i, 1. VI, n

6. François demande (p. 516) qu'on lui dise si les apostats se convertissent.

par les Mores, un secours plus efficace'. « Rentré à l'île du More, écrit Xavier, il lui arriva un grave accident; mais ni ses lettres, ni aucun rapport authentique ne m'ont expliqué ce dont il s'agit. Ce que je puis affirmer, c'est que ceux qui aiment Dieu et le prochain sont éprouvés comme l'or dans la fournaise. Y a-t-il dans tout le monde chrétien un lieu où ceux qui travaillent pour Dieu et les âmes aient à souffrir et à courir autant de périls mortels que dans cette île du More? je n'en sais rien. Priez Dieu pour ceux qui y sont déjà et qui vont y aller. Je crois bien que c'est là, dans ces îles, que la Compagnie aura ses premiers martyrs et on ne les appellera plus les îles du More, mais du Martyr. Ceux donc des compagnons qui veulent répandre leur sang pour Jésus-Christ, qu'Usaient bon courage, qu'ils se réjouissent, car il existe un séminaire de martyrs où leurs désirs pourront être comblés^. »

L'apostolat était plus facile à Amboine. Aidé de quelques Portugais, le PèreNuno Ribero catéchisait et baptisait. En peu de temps, il avait conquis cinq ou six cents indigènes^. A Ternate, rien n'avait changé depuis deux ans. Les femmes néophytes fréquentaient les sacrements; elles se faisaient les apôtres de leurs compatriotes ; trait significatif en un pays où les mœurs tiennent les femmes à l'écart de toute réunion même religieuse ^. Le sultan renouvelait ses belles promesses^ et n'en tenait aucune ; il ne se privait même pas de molester ses sujets chrétiens ^. Dans les archipels, une double propagande se poursuivait. Si les marchands portugais continuaient à improviser des chrétiens, les musulmans poursuivaient aussi leurs conquêtes. Sollicités en sens divers, les insulaires venaient à Ternate étudier les deux religions, et, si le capitan portugais faisait valoir l'Evangile, le sultan vantait l'Islam^.

Il fallait profiter de ce mouvement : une maison d'éducation à Ternate, un séminaire de catéchistes ou de missionnaires.

1. D'wersi Avisi, 1558, t. I, fol. 114; — Polanco, t. I, p. 47Î

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