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les avait prises. Mais il était sans illusion sur leur efficacité durable. Une fois encore, écrivant en Europe, il réclame en faveur des Indes un supérieur nouveau. Alors on pourra concilier ces deux choses : pour la Compagnie, l'existence en Orient d'un gouvernement normal, et, pour lui personnellement, la liberté de suivre son impérieuse vocation d'explorateur apostolique. Mais ce supérieur, que doit-il être ? 11 le dit à Rodriguez : « Vous servirez grandement Dieu Notre-Seigneur, si vous choisissez comme recteur de Goa quelqu'un qui ait rempli une charge semblable à Coïmbre, ou du moins qui en soit capable, dont la conscience ne se trouble pas à l'excès, quelque dangereuse que soit la supériorité pour les imparfaits. (Allusion peut-être aux inquiétudes sans cesse renouvelées de Lancilotti.) Quelqu'un aussi qui sache veiller sur ses frères avec prudence et sagesse, qui sache compatir, les soutenir, traiter avec eux, quelqu'un par conséquent déjà exercé par vous dans les charges. Antoine Gomez parle bien et ferait beaucoup de fruit à prêcher dans les villes de garnison, mais il n'est pas ce que je voudrais pour gouverner les frères ^ »
Le Père se tourne ensuite vers les deux supérieurs de Goa. L'a-t-on bien compris? A-t-on bien saisi le partage des pouvoirs établi par lui? Le supérieur religieux est Paul de Camerino. Gomez n'a d'autorité que sur les élèves du collège. Mais ce partage ne froisse-t-il pas l'amour-propre de Gomez ? Xavier semble le craindre. Aussi, tout en maintenant ses décisions dans le fond, il les adoucit dans les formes. D'abord ses lettres sont adressées aux deux Pères à la fois-. 11 met les missionnaires proprement dits sous la juridiction de Paul de Camerino; mais, dès qu'il s'agit de leurs besoins temporels, c'est à Gomez qu'il s'adresse, à Gomez l'homme influent et qui obtiendra tout des autorités civiles^.
Encore est-il obligé de faire au recteur des recommandations spéciales et pressantes. Nous n'avons pas le droit d'y voir, sans preuves positives, des reproches déguisés. Du moins nous y sentons que le caractère déséquilibré du Père l'inquiétait