‹ Saint François XavierChapitre 490 sur 820 · Mon. Xai'., p · texte numérisé non relu

Mon. Xai'., p

Xavier le savait-il? S'il le savait, pourquoi ce silence? S'il l'ignorait, pourquoi ce changement? Pour répondre, il nous faudrait la date précise du décès, et aucun document contemporain ne la fournit*. Mais on peut la conjecturer à quelques jours près. Unelettre du missionnaire, conservée àLisbonne, estdu 14 juin '^. Par ailleurs, le 18, les Pères de la mission se sont déjà réunis à Punicale pour désigner un supérieur provisoire, et ils envoient une première relation de la mort'^. Ce serait donc vers le 15 ou le 16 juin que Griminale a été frappé. Mais alors, comment le 22, à Malacca, Xavier pouvait-il avoir déjà l'idée de lui désigner un remplaçant? Une fois de plus, Dieu aurait-il supprimé pour lui les distances?

Que s'était-il passé ? Le Père Antoine continuait à se dévouer sans compter : labeur d'autant plus méritoire que le pays était toujours en guerre. Une fois le mois, il parcourait les soixante lieues de côtes sur lesquelles s'échelonnaient les stations, pieds nus souvent, couchant à terre, vivant de rien, renouvelant les exemples de Xavier^. « Sa vie était sainte, nous dit un témoin, le Père Cypriano, et sans reproche ; les rapports aveclui, faciles et agréables. Il était très obéissant, d'une pureté sans ombre, très pauvre et très zélé. Dix mois durant, la mort plana sur sa tête. J'étais avec lui sur cette côte, je l'ai vu de mes yeux, et bien d'autres belles choses encore ; de longues lettres ne suffiraient pas à les raconter. Il enseignait partout, rendait la justice, — il n'y avait pas d'autre tribunal en ce pays-là, — mettait partout la paix et la concorde. Avec cela, il avait beaucoup à souffrir des chrétiens, mais surtout du capitan et de ses soldats. Les néophytes allaient à lui, comme des enfants à leur père. Jamais on n'avait à se plaindre de lui. Il ne parlait jamais sans nécessité. Il était discret et saint. On pouvait bien dire de lui, comme dans VIste Confessor,... pius, prudens, humilis,

1. Sel Ind. Ep., p. 91,98, 102, 118, 120; — Polanco, 1, p. 470, etc. ;— Valignano, p. 137, sur le point d'indiquer la date, laisse le mot en blanc.

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