‹ Saint François XavierChapitre 491 sur 820 · Gros, t. I, p · texte numérisé non relu

Gros, t. I, p

3. Difersi Afisi, 1558, foi. 90. Les ménologes de la Compagnie rappellent la mort de Griminale le 26 ou le 30 mai. Cette date est prise un peu au hasard. Fùt-elle vraie, on pourrait encore se demander si, en un petit mois, la nouvelle aurait eu le temps de parvenir à Malacca.

4. Polanco, p. 469. Pieds nus, c'est-à-dire sans souliers, mais non pas probablement sans les sandales de bois dont usent les indigènes.

pudiciis^ sobrius, castiis et quietus. Cela, je l'ai vu et je le sais'. »

Au printemps de 1549, alors que François arrivait à Malacca, le Père Antoine s'en était allé, à l'extrémité nord de la mission, apaiser je ne sais quelles dissensions et surtout défendre ses chrétiens pauvres contre l'incurable rapacité du capitan et de ses soldats-. C'était à l'endroit où le fameux « pont de Rama » se relie au continent par l'intermédiaire de l'île Ramanancor. 11 y a là une pagode célèbre. On y accède par une chaussée naturelle superbe, en blocs réguliers, longue de deux kilomètres. Le rajah de Ramnad était chargé de l'entretenir et de la défendre contre la mer qui y pratiquait des brèches. A peu de distance, à Beadala, les Portugais avaient un fortin avec une quinzaine d'hommes. Les conflits étaient fréquents entre brahmes et soldats. Ceux-ci insultaient leurs voisins, les maltraitaient, couvraient d'ordures leurs idoles. Si les indigènes faisaient mine de se révolter, le petit canon tonnait et tout rentrait dans le silence 3.

Quelle injure nouvelle les Portugais inventèrent-ils? Furentils tentés par les richesses accumulées dans la pagode? Bartoli raconte qu'ils voulurent couper les vivres aux brahmes et interrompre l'afflux continuel des pèlerins. « Alors, nous dit l'historien, le capitan Jean Fernandez Correa creusa une tranchée à l'endroit où Ramanancor s'unit à la terre ferme. » Plus simplement peut-être voulut-il ouvrir un passage dans la chaussée pour faciliter les communications. Irrités, les brahmes abandonnèrent la pagode et coururent demander aide et vengeance au Nayaker de Maduré, leur suzerain^.

La réponse fut prompte. Une nuée de Badages s'abattit sur la côte, « comme des mouches^». Le capitan eut d'abord Tavantage. Mais les ennemis savaient, par des espions, que les munitions manquaient. Ils firent semblant de demander la paix. Le capitan faillit donner dans le guet-apens. A grand'peine put-il, lui et ses hommes, se jeter dans des barques et gagner

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