Mon. A'ac, p
2. Lettre du Père Frois, dans Gros, t. II, p. 49 ; cf. m Jarric, I p. 243; Lucena, 1. YI, ch. 14. — TuKSELLiM (1. III, ch. 18) suppose que le saint préféra lui-même un vaisseau chinois, pour ne pas exposer ses compagnons néophytes au scandale des mauvaises mœurs européennes. Il oublie que déjà, par deux fois, ils avaient navigué sur des vaisseaux portugais.
Ici encore nous trouvons Mendez Pinto en contradiction avec les récits les plus authentiques. Il affirme que ce furent les négligences apportées à l'exécution des ordres venus de Goa qui forcèrent Xavier, après maintes contrariétés, à recourir à un marin chinois. Xavier parle de difficultés, mais le contexte indique assez qu'elles sont d'un ordre à part.
3. Mon. X(n\, p. 520. Bartoli appelle ce chinois Xeeada ; d'autres disent Needa, Charlevoix Neceda. C'est le mot hindou necoda, capitaine (Mon. Xar., p. G55, note). Le Père Frois lui donne le nom de A van (Gros, II, 49).
engagements, ses biens seraient saisis et sa femme mise en prison.
Gama fournit ensuite des vivres pour le voyage et pour un long séjour, plus de trente boisseaux de poivre de première qualité, dont le prix devait servir à l'érection d'une chapelle, et enfin des présents destinés au « roi », d'une valeur de 200 cruzados^ Au Japon, Xavier devait recevoir encore d'autres aumônes. En tout, près de mille cruzados-. « On ne peut faire davantage », écrira-t-il au roi de Portugal, parlant du gouverneur de Malacca^. Mais c'est jusqu'à Jean III que remontait la reconnaissance du saint, et il disait : « Vous ne sauriez croire ce que nous devons à Son Altesse, et ce qu'elle a fait d'aumônes à tous nos collèges, et maisons ^. » La tradition ne fut pas perdue ; tant que dura la mission du Japon, la cour de Lisbonne prit à sa charge une part de l'entretien des Pères et des églises.
En même temps, François continuait à se renseigner sur les terres où Dieu l'appelait. En débarquant à Malacca, il avait reçu une lettre où des marchands lui écrivaient du Japon qu'un grand seigneur de ces îles parlait de se faire chrétien, préparait une ambassade^ pour Goa, demandait des prêtres pour l'instruire. Dans une ville, on leur avait prêté un logis inoccupé. A peine installés, ils sentirent des mains invisibles tirer leurs habits. Ils voyaient errer des fantômes. La maison était hantée : ils se contentèrent de planter des croix tout autour; le démon ne reparut pas. Et les indigènes d'imiter les Portugais. Les marchands concluaient qu'il y avait grand espoir de conversion*^.
Le saint était très frappé encore des pratiques de l'ascétisme bouddhique. « Dans un monastère du pays de Paul, où étudient beaucoup de religieux^ ils ont un exercice de méditation que voici. Celui qui a charge de la maison, le supérieur, plus lettré