Ibid., p
2. Parmi ces disciples, signalons le jeune prêtre Jean Hozès et surtout les deux frères Eguia, Jacques et Etienne, cousins germains de Xavier, vieux amis d'Ignace qu'ils avaient connu à Alcala. Ils revenaient de Terre Sainte où ils avaient été demander àDieu de les éclairer sur leur avenir. La lumière leur fut donnée àleur retour, pendant les Exercices que leur fit faire saint Ignace. Ils retournèrenten Espagne ; mais d'ores et déjà ils se tenaient pour ses disciples. François ne partira pas pour les Indes avant d'avoir vu Jacques entrer dans la Compagnie. Etienne ne sera libre de l'imiter que huit an» plus tard (Astrain,I, p. 203).
3. « Erat adliuc transigenda dimidia fere anni pars. » Rodriguez, p. 474.
4. Acta S.S., février, t. II, p. 239-240; août, t. II, p. 252.
jeunes gens, maîtres es arts, théologiens, arrivés la veille de Paris, balbutiant un mauvais italien, catéchisaient les vagabonds, servaient les pauvres, faisaient le lit des malades, balayaient, enlevaient les ordures, lavaient le mobilier des infirmes, portaient les morts au cimetière, creusaient les fosses, recouvraient de terre les cadavres ; de jour, de nuit, à la disposition de tous. Les pensionnaires des hôpitaux n'en revenaient pas. Peu à peu le bruit s'en répandit par la ville. Des nobles, des sénateurs vinrent aux deux établissements voir la chose de leurs yeux; et ils s'en retournaient convaincus de la sainteté et du savoir de ces hommes ^
De ces jours bénis, Ignace garda un tel souvenir, qu'il voulut le consacrer par une institution durable. Tous ses novices, dans la suite, auront à passer par ce qu'il appelle 1' « expériment d'hôpital»; eux aussi, appelés à l'apostolat, ils devront faire leurs premières armes parmi les malades et les indigents. Quant à lui, Xavier emportera de Venise en Orient l'habitude de donner tout ce qu'il pourra de son temps aux infirmes, aux pauvres eu qui la foi montre Jésus-Christ. Et comme, à ce dévouement, il faut parfois un héroïsme véritable que rien ne fasse reculer, ni le dégoût, ni la crainte physique de la mort, il semble avoir voulu eu finir d'un coup. Il posa un de ces actes comme on en trouve souvent dans la vie des saints, que le monde ne comprend pas, qui le scandalisent s'il est inspiré par l'amour de Dieu, qu'il admirerait sans mesure, s'il l'était par quelque passion humaine.
Dût ce récit répugner à certaines délicatesses exagérées, le voici tel que nous le donne Simon Rodriguez. « Pendantque les Pères travaillaient ainsi, il n'en était aucun qui ne s'efforçât de vaincre les répugnances de la chair devant les odeurs nauséabondes qui s'exhalaient de ces plaies. On pourrait en dire long sur ce sujet. Pour faire court, je ne citerai qu'un trait ou deux, ï! y avait à l'hospice des incurables un homme qu'on eût pris pour un lépreux. Son corps était rongé d'ulcères. II appela un des Pères : « Je vous eu prie, lui dit-il, grattez-moi le dos. » Le Père le fît aussitôt; mais voilà que l'horreur le prend, et le dégoût, et