Lainez, dans les Scripta de S. Ignacio, I, p
dirent des montagnes en Vénétie. Le 8 janvier 1537, ils entraient à Venise où ils trouvaient saint Ignace qui les attendaiti.
IL — Dans les hôpitaux de Venise {janvier-mars 1537).
Ignace était là, depuis presque un an, partageant son temps entre la théologie, les malades de l'hôpital des saints Jean et Paul, les compagnons nouveaux qui se présentaient à lui et ceux qui voulaient bien faire sous sa conduite les Exercices spirituels^.
Maintenant il fallait préparer le voyage en Terre Sainte. Aux termes de leur vœu, ils avaient devant eux jusqu'à l'Epiphanie de 1538. Gomme il ne devait y avoir aucun départ pour le Levant avant le mois de juin^, ils décidèrent de rester quelque temps à Venise occupés à des œuvres de zèle et de charité; puis, au printemps, ils iraient à Rome, soumettraient leurs projets au Souverain Pontife, reviendraient à Venise, et seraient là, aux premiers départs des vaisseaux.
Ils se partagèrent en deux groupes. Quatre d'entre eux restèrent avec Ignace à l'hôpital des saints Jean et Paul. Xavier, Le Fèvre et les autres allèrent aux Incurables. Cet hospice avait été fondé quatorze ans auparavant par saint Gaétan de Tiène^. Depuis, on y avait vu travailler saint Jérôme Emiliani. Dans cette ville des Doges, la voluptueuse cité que, jouant sur les syllabes, on surnommait Vénus, précisément à l'heure oii Titien, dans les palais, faisait à la chair une étourdissante apothéose, les fondateurs des Théatinset des Somasques s'étaient dévoués à soigner la pauvre chair malade et torturée.
Et maintenant voici les premiers Jésuites. Une douzaine de