‹ Saint François XavierChapitre 527 sur 820 · Mon. Xav., p · texte numérisé non relu

Mon. Xav., p

3. P. 624. M. H. Haas (p. 166) donne aux mots gixu et amacata la forme legioxen et hamacuten.

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Charlevoix. La population de cette immense Thébaïde bouddhique était chargée de protéger par ses prières la capitale, contre les mauvais génies d'une montagne voisine, « vomisseuse de fiel ». Mais aussi c'était une sorte de Sorbonne dont, probablement, il faudrait avoir le laissez-passer, pour pouvoir prêcher en paix. C'est là que, au nom de l'empereur, on jugeait, condamnait, approuvait les sectes nouvelles'.

Puis François énumère d'autres universités, comptant chacune, dit-il, plus de 3.500 étudiants, Coya, Negru, Fiasazon, Omi, Bandu'''. De tous ces centres scolaires on lui disait tant de merveilles qu'il hésitait à les croire. Il avait raison de se défier. Le comprenait-on bien, quand il cherchait à se renseigner sur les grandes écoles? Ce qu'on lui décrivait c'était les lieux saints du pays, les grands pèlerinages avec leurs bonzeries. Il y avait bien là des espèces de collèges où l'on apprenait les caractères chinois et japonais, un peu d'astronomie et de médecine, les théories propres à chaque secte. Mais rien qui ressemblât, même de loin, à la hiérarchie des facultés et à l'organisation des examens, tels qu'ils fonctionnent dans le vieux monde. Quoi qu'il en soit, Xavier comptait toujours, après avoir sondé le terrain dans la capitale, obtenu de l'autorité publique la liberté nécessaire à son apostolat, aller dans ces écoles, et attaquer l'idolâtrie à la tête.

Mais qu'était-il, lui tout seul, avec ses deux auxiliaires, pour mener pareille campagne ?Une fois encore, sa pensée se reporta vers l'Europe où tant de forces apostoliques se perdaient sans résultat. « Quand je me serai fait mon idée, dit-il, du fruit qu'on peut recueillir, ce ne sera pas trop que d'en écrire aux principales universités de la chrétienté. Je déchargerai ma conscience, mais pour charger la leur, à eux qui, avec tant de vertu

1. Gros, II, p. 105. Le mont Hiyei-San est le Frenoxama^ le Fiyenoyoma, etc. des anciennes relations,

2. Mon. Xai>., p. 624, 699. On propose les identifications suivantes : 1° Banda, ou Bandô, est le Kantô, partie nord de l'ile de Nippon, avec ses bonzeries -écoles à'AsIiinaga, secte Zen. — 2° Coya, mont Koya-San, province de Kïï, monastère de Kongô-bushi, secte Shingon. — 3" Negru, Negoro, dans le Kii, temple de Fundo, secte Singhon. — 4° Fiezon, ou Fiasazon, d'après H. Haas, pourrait répondre aux fameux temples shintoïstes d'Ise (op. cit., p. 161 ). Ne serait-ce pas plutôt le mont Uiyei-San, avec ses bonzeries innombrables? (MuRDOCH, p. 154.) — 6° 0ml ou llomi, d après Haas, serait encore un sanctuaire shintoïste (préfixe de respect O, et le mot miya, temple). C'est plutôt le temple de Kibé, province à'Omi, secte Shinshiu.

et de savoir, pourraient remédier à de si grands maux et convertir à leur Créateur, Rédempteur et Sauveur, cette masse d'infidèles. Nous leur écrirons donc, comme à nos supérieurs et pères, désirant qu'ils nous tiennent pour les derniers de leurs fils. Nous leur dirons le bien qui pourrait se réaliser ici, avec leur aide et faveur. S'ils ne peuvent venir eux-mêmes, du moins ils seconderaient ceux qui s'offriraientpour travailler à la gloire de Dieu et au salut des âmes et qui voudraient ainsi participer à des joies et consolations spirituelles comme ils n'en ont, sans doute, nulle part, trouvé de semblables. Si même ces pays sont aussi bien disposés qu'ils le paraissent, nous ne manquerons pas d'en avertir Sa Sainteté, Vicaire du Christ sur la terre, pasteur de tous ceux que Dieu a créés. » Les apôtres ne manqueront pas, car Xavier compte faire un appel aux « dévots et bénis frères dominicains et franciscains qui vivent en un si grand désir de glorifier Jésus-Christ dans les âmes qui ne le connaissent pas ». Ils peuvent venir d'autant plus nombreux que, si le Japon est vaste, la Chine l'est plus encore ^

Sans doute, elle est fermée aux Portugais : mais ne pourraiton forcer la porte? On dit qu'il suffirait d'avoir un sauf-conduit du roi du Japon. Les deux souverains sont amis : celui du Japon se sert du sceau de son voisin pour délivrer des passeports. Il doit en délivrer beaucoup car il y a un grand va-etvient de navires entre les deux pays. La traversée est de dix ou douze jours. Reste donc à gagner la faveur du roi du Japon^.

Ces informations n'étaient pas toutes exactes. Il est vrai que le commerce était actif d'une côte à l'autre, mais les pirates japonais ne cessaient pas leurs descentes armées sur le continent. Ils étaient pour quelque chose dans la haine des Chinois à l'égard des étrangers. Entre les deux gouvernements, les hostilités étaient continuelles-^.

11 faut noter cette curiosité du saint à s'informer de tout ce qui concernait l'apostolat. Il lui est impossible de contrôler les

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