‹ Saint François XavierChapitre 534 sur 820 · Mon. Xav., p · texte numérisé non relu

Mon. Xav., p

5. Aujourd'hui, Hirado, province de Hizen, au N.-O. de l'ile Kiu-siu, sur une petite île séparée de la côte par un chenal. L'importance de Hirado déclina dès le xvi'^ siècle devant les progrès de Nagasaki. C'est aujourd'hui un port insignifiant.

6. Sur ce voyage, voir Gros, t. II, p. 56. Ignoré des anciens historiens, il est attesté par le Père Frois. On pouvait déjà le soupçonner à ce détail que la correspondance du saint était arrivée à Malacca par un vaisseau portugais le 3 avril 1550 (lettre du P. Pérez, Diversi Ai'isi, 1558, fol. 113, Gros, II, p. 70). Or ce vaisseau ne venait pas de Cangoxima; car aucun navire portugais n'entra dans ce port en 1549-1550. Il avait donc paru ailleurs, très probablement à Firando.

suivi d'un interprète ^ Avec lui s'en allait, pour retourner aux Indes, le Portugais Dominique Diaz '^. Quatre Japonais, deux bonzes et deux laïques, se joignirent à eux; l'imagination montée par les récits de Paul de Sainte-Foi, ils s'en allaient voir le monde ^. Gosme de Torrès et Fernandez restèrent à veiller sur les néophytes.

Nous ignorons comment se fit le voyage, en jonque ou à pied. Il dut prendre une quinzaine de jours. Les biographes nous racontent que les marchands, à la vue du Santo Padre^ que peut-être ils croyaient perdu et qu'ils retrouvaient si loin, voulurent faire une manifestation. Il s'agissait d'étonner les Japonais et de leur donner une haute idée de ce pauvre prêtre d'occident. Le navire fut pavoisé et François reçu au bruit du canon et de la musique^.

Firando, le port le plus rapproché de la Chine, pouvait devenir centre important pour le commerce portugais et pour l'apostolat. Xavierjugea donc utile de visiter le seigneur dulieu. Très petit seigneur. Matsura Takanobu, âgé de vingt-cinq ans^, pauvre, plus pirate que prince, est traité par les Portugais de roi. Un annaliste de Macao nous prévient que c'était tout au plus un comte ou un marquis''. Très poli, mais d'une révoltante fourberie^. Dix ans plus tard, c'est chez lui que, la première fois, coulera le sang chrétien^. Pour le moment il comprit qu'il avait intérêt à bien traiter le prêtre européen : il lui fit gracieux accueil, et donna toute liberté de prêcher^.

François reprit alors le chemin de Gangoxima, où il était de retour dans les derniers jours de décembre. En même temps les Portugais repartaient avec sa correspondance, et emmenant

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