P. Frois, Gros, p
remercièrent des peines que nous avions prises pour leur apprendre la voie du salut \ » Le départ eut lieu en septembre 1550 '^; il y avait un an et un mois que les Pères étaient au Japon.
La petite caravane, outre François Xavier et ses deux compagnons, comprenait Amador le Malabar, le Chinois Manuel, et le Japonais Bernard; ce dernier servait d'interprète.
Sur la route se trouvait la forteresse d'Ychicu, où, dès les premiers jours, la foi avait fait quelques recrues. François la visita en passant et y organisa la vie chrétienne. Michel, le premier des convertis, régisseur du château, fut constitué administrateur. 11 apprit à baptiser, reçut un recueil de prières, un calendrier, les sept psaumes de la pénitence pour les réunions du vendredi, le récit de la Passion pour celles du dimanche. Ces détails nous montrent qu'à Gangoxima les Pères avaient continué leurs traductions et commencé une modeste bibliothèque de piété.
Il fallait aussi des objets de dévotion, quand ce ne serait que pour les opposer au mobilier superstitieux des idolâtres. A défaut cVagnus Dei^ François remit, en des sachets de soie, le credo ou les saints noms de Jésus et de Marie, écrits de sa main. Les chrétiens devaient les porter suspendus sur la poitrine; dévotion que lui-même pratiquait. « Ce culte des saints noms de Jésus et de Marie, dit un vieil annaliste, il le propagea si bien au Japon, que les chrétiens les invoquaient en tous leurs périls, spirituels ou corporels, et les païens, pour les entendre ainsi faire, faisaient comme eux. J'ai bien des fois entendu moi-même des païens crier : Jésus! Marie ^l »
Michel pria ensuite le Père de lui laisser de quoi guérir les maladies, vu que le pays manquait de remèdes et de médecins. Mais quels remèdes pouvait-il demander? Xavier n'était pas venu au Japon, comme les missionnaires actuels, muni d'une pharmacie. Ne peut-on voir dans cette requête un argument en faveur de la réputation de thaumaturge, dont l'apôtre, disent