‹ Saint François XavierChapitre 55 sur 820 · Lainez, p. 115; Rodriguez, p · texte numérisé non relu

Lainez, p. 115; Rodriguez, p

2.R0DKIGUEZ, 484; Bartoli, Vita di S. Ignacio, 1. II, n»32. Le P. Tellez {Chronica da C. de J. na Prov. de Portugal, Lisbonne, 1645, t. I, p. 23) croit qu'il s'agit ici de Lainez. 3. Lettre du P. Brandào, Rome, 20 février 1551. Epist. Mixtac, t. II, p. 515.

gnons de notre saint ne feront plus guère d'aussi rudes voyages. Pour lui, ce mois de fatigues excessives, venant après cinquante jours de marches à travers les Alpes et deux mois de travaux à Venise, n'est qu'un prélude. Dieu ne lui donnera que quinze ans de labeur, mais aussi quinze ans de courses sans haltes ni repos, et surtout sans la consolation d'avoir près de lui ses frères tant aimés de la première heure.

Enfin les voyageurs étaient à Rome. Xavier et les autres Espagnols prirent gîte à l'hospice de leur nation. Ils furent recommandés au pape par un de ceux-là mêmes dont Ignace redoutait l'influence, le docteur Ortiz. Paul III les accueillit, les fit discuter devant lui avec ses théologienspour juger de leur savoir i les bénit, leur permit de se faire ordonner prêtres par quelque évêque que ce fût, la science leur tenant lieu de patrimoine *. Il autorisa leur voyage en Orient, et approuva leurs projets apostoliques, mais il ajouta: « Je crains que vous ne puissiez aller à Jérusalem. » Il savait en effet que Venise se préparait à déclarer la guerre aux Turcs. 11 n'en dit pas plus long et les congédia 2.

Les Pères n'avaient plus qu'à revenir à Venise. Or, vers ce temps-là, Dieu commençait à faire entrevoir à François son avenir apostolique.

« Voici ce que le Père Maître Lainez m'a conté, écrit le Père Ribadeneira: au temps où les Pères allaient, en Italie, par les hôpitaux, le Père François et le Père Maître Lainez dormaient près l'un de l'autre. Plusieurs fois, en se réveillant, le Père François lui disait : « Jésus! que je suis moulu ^l savez-vous ce que je « révais ? Je portais sur le dos un Indien, et il était si lourd que « je ne pouvais le soulever. » Gela se produisit plusieurs fois^. »

Une autre fois, Simon Rodriguez, qui couchait dans la même chambre d'hôpital, était réveillé par des exclamations. « Mas, mas, mas! criait Xavier dans son sommeil, encore, encore plus! » Pressé de questions, Xavier se taisait, mais plus tard, à Lisbonne, sur le point de s'embarquer, il s'expliqua : « Vous

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