‹ Saint François XavierChapitre 569 sur 820 · Gros, p · texte numérisé non relu

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enseigner le chemin du salut. » Mais paroles perdues^ . Il se rencontra pourtant des âmes compatissantes. A une escale, un Japonais de distinction, apprenant que ces étrangers venaient du Tengicu, les prit en pitié et leur remit un mot de recommandation pour un ami de Sacai 2.

Sacai, où ils débarquèrent peu après, était ce port de mer que, en novembre 1549, François avait signalé comme un bon emplacement pour une factorerie portugaise. Nos voyageurs eurent assez de peine à trouver le Japonais auquel on les adressait. Ils furent mal accueillis par la population. Personne ne les voulait héberger. Le long des rues on ne cessait de les insulter. Il fallut quitter la ville et se faire, dans un bois de sapin, une cabane en branches. Ils y furent poursuivis à coups de pierres par les enfants. « Une seule chose me peine, disait le saint, c'est qu'avec tout cela nous ne pouvons prêcher ^. » A la fin, ils découvrirent celui qu'ils cherchaient, et furent assez bien reçus. Il était temps, car François fut pris d'une fièvre ardente. Par bonheur elle dura peu. Aussitôt remis, il commença ses catéchismes'*. On dit qu'il ébranla quelques âmes, et il se forma dans la ville un petit noyau de chrétiens ^.

Cependant son hôte s'occupait de le faire passer à Miyako. Ce n'était pas facile; toute la banlieue de la capitale était en guerre, la route n'était pas sûre, on ne pouvait s'y aventurer qu'en troupe et bien armé. Il se rencontra pourtant un gentilhomme qui accepta de prendre les étrangers à sa suite''.

Il restait quinze lieues à franchir. François les fit « au galop» courant derrière les chevaux, mêlé aux coolies. Ce devait être un spectacle étrange: au milieu des valets et porteurs, légers, élastiques, touchant à peine le pied du sol, riant et se moquant, ces deux étrangers bien reconnaissables à leur physionomie, entraînés dans la course, eux à qui leurs pauvres jambes tuméfiées par le froid refusaient naguère tout service. Autour d'eux, un feu roulant de quolibets. Croisait-on des

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