‹ Saint François XavierChapitre 568 sur 820 · Cros, p · texte numérisé non relu

Cros, p

bonnes et permises par Dieu. Cela fait, du plat de poisson il prenait une bouchée et laissait le reste, se contentant du plat japonais par excellence, le riz à l'eau, sans sel, avec une soupe d'herbes, « augoût détestable et à l'odeur pire encore ^ ».

La nuit ne lui apportait guère de repos. Le froid était vif, même à l'intérieur des maisons, entre les minces cloisons de bois. 11 laissait, bien entendu, les indigènes s'entasser sous les couvertures communes autour d'un brasero. 11 étendait même sur ses compagnons les nattes qui tenaient lieu de lit, et cela ne les réchauffait guère. On ne nous dit pas ce qu'il se réservait 2,

Souvent les auberges se fermaient ; il fallait passer la nuit sous un abri quelconque. Ou encore, impossible de se procurer des vivres; force était de recourir au riz grillé de Bernard^.

Ce rude trajet, d'autant plus crucifiant que notre saint arrivait des pays chauds, il le fait tenir en ces quelques lignes: « Nous y éprouvâmes bien des fatigues et courûmes bien des dangers, à cause des guerres qui agitaient le pays que nous traversâmes; sans parler des grands froids qu'il y fait et des nombreux larrons qui infestent les chemins^ . »

Arrivés, nous ne savons à quel point de la côte, nos voyageurs trouvèrent une jonque oîi s'embarquer. Ils ne firent que changer de souffrance^. Jour et nuit ils restaient accroupis sur le pont, ou repoussés à l'endroit le plus sale. Le bateau était chargé de passagers, et les moqueries allaient bon train. Une fois, un Japonais trouva le Père assis à la place que, lui, s'était retenue. Grande colère et torrent d'injures. Xavier se tut : il se contenta de regarder longuement et tristement son insulteur. Un autre, sorte de garçon marchand, se faisait un passe-temps d'outrager François, lui parlant tantôt comme à un niais, tantôt comme à une brute. Une fois, le Père fixa sur lui son regard attristé : « Pourquoi me parlez-vous ainsi ? lui dit-il, sachez que je vous aime beaucoup et que je voudrais bien vous

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