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souvenir de l'horloge « qui sonnait exactement douze fois le jour et douze fois la nuit, d'un instrument de musique qui jouait tout seul et des verres pour les yeux, grâce auxquels un vieillard peut voir aussi distinctement qu'un jeune homme ^ ».
En retour, le prince fit porter au missionnaire une forte somme d'argent. « Nous la lui avons renvoyée, écrit Xavier» disant que nous ne demandions qu'une chose, l'autorisation de prêcher la loi de Dieu, et, pour ses sujets, la liberté de conscience^. » Ce détachement contrastait avec l'avidité des bonzes. Yoshitaka en fut frappé. Il accorda une audience le jour même, et, de vive voix, donna les permissions demandées. Peu après, en divers lieux de la ville, des affiches attestaient que les étrangers pouvaient enseigner, et les habitants adopter la loi nouvelle. De plus le prince abandonnait aux missionnaires une bonzerie déserte^.
Xavier se remit à prêcher. Il trouva cette fois un public, sinon respectueux, du moins suffisamment intéressé. Deux fois le jour, il allait à la rue des nobles, le Tonono-cuji, s'asseyait sur la haute margelle d'un puits, et, quand la foule était amassée, il lisait et commentait son cahier. La leçon finie, il rentrait. On le suivait à son logis qui ne désemplissait pas^. Il habitait chez un noble païen nommé Uchida-dono. Nuit et jour on assiégeait sa porte. Il venait des samuraï, des bonzes, jusqu'à des bonzesses''. La foule parfois débordait jusque dans la rue. Tout ce monde harcelait de questions le docteur étranger. Les objections arrivaient à la douzaine, pressées et disparates.
«( De toutes les nations infidèles que j'ai vues, écrira-t-il plus tard, il n'y en a pas à se rendre plus facilement à la raison que les Japonais. Curieux et interrogateurs jusqu'à l'im-