Gros, II, p
a. Mon. Xaf., p. 688.
mit à déchirer les voiles. D'abord il fit proclamer par Fernandez que le Daï-Nitchi des moines Shingon était invention du diable. Immédiatement les bonzeries se fermèrent devant lui, et la lutte commença ^
Il ne tint pas à eux, assure le Père Frois, que le saint ne fût assassiné^. Alors sans doute eut lieu ce qu'on racontera bientôt au procès de béatification : « Souvent il a été frappé de coups de bâton, injurié, et il supportait tout pour l'amour de Dieu... Par deux fois, il a été saisi, emmené pour être tué ; et deux fois, un si furieux orage éclata que, saisis de peur, ses ennemis le laissèrent aller-^. » Mais les moines savaient n'être pas soutenus par le daimyô, ils eurent recours à des procédés moins compromettants. D'abord ils opposèrent prédication à prédication. « La foule se pressait à leurs sermons, raconte Xavier. Là, ils disaient tout le mal possible de notre Dieu : que c'est quelque chose d'inconnu et d'ignoré, que ce doit être un grand démon dont nous sommes les disciples, qu'il ne faut pas accepter notre loi, parce que l'heure où notre Dieu serait adoré au Japon serait l'heure de la ruine. Bien plus, dans leurs prêches, interprétant le nom de Dieu, ils disaient que Deos et dajuzo, c'est la même chose. Or, dajuzo, en leur langue, veut dire grand mensonge \ »
Mais rien n'y faisait, les conversions continuaient, et c'est justement dans l'entourage des bonzes qu'elles allaient se multipliant.
Les jeunes gens, leurs élèves, les quittaient en foule et s'en venaient révéler au Père des mystères de débauches et de fourberies. « Ces néophytes, écrit le saint, nous ont très fidèlement expliqué les doctrines de leurs concitoyens. Depuis que nous savions ce qu'ils enseignent, nous pouvions mieux préparer nos réfutations. Si bien que, tous les jours, nous prêchions contre leurs dogmes et leurs arguments. Ils ne savaient que répondre, moines mendiants, sorciers et autres ennemis de la loi de Dieu. Les chrétiens, voyant les bonzes réduits au silence, se réjouis-