II. — Naissance. La vie chrétienne à Xavier
Le châtelain de Xavier ne devait faire dans sa forteresse que de brefs et rares séjours. De par ses alliances et ses charges, il était un des personnages importants du royaume, l'homme de confiance des souverains. On le trouve mêlé à toutes les grandes affaires. En 1479, à Saragosse, il règle une question de frontières avec l' Aragon. La même année, quand la couronne passe au j eune François Phœbus, et qu'on a désigné pour régente et tutrice de l'enfant royal sa mère Madeleine de France, don Jean de Jassu est un des trois signataires de l'acte officiel. Quand le roi François meurt et qu'on hésite pour sa sœur Catherine entre une alliance française et une alliance castillane, il est encore de ceux qui vont supplier la reine mère de se décider pour l'alliance espagnole. Il échoue et la jeune reine épouse l'insignifiant Jean d'Albret (1483). Le nouveau souverain ne tint pas rigueur au conseiller. 11 lui maintint ses charges, augmenta ses pensions afin de lui permettre de longs séjours à Pampelune et à Tudela. C'est entre ses mains que, en 1494, lors du couronnement, les trois Etats du royaume prêtèrent les serments d'usage^.
Cependant le château de Xavier se peuplait. Trois filles d'abord étaient nées à dona Maria, l'aînée qui portait le nom de sa mère, puis Anne et Madeleine. Plus tard, vers 1495 et 1497, naissaient deux garçons, Michel et Jean^.
La Navarre, en ce temps-là, jouissait de la paix. Aucune menace de tempête de la part des voisins espagnols. Trois mois après
1. Ibid.,Tp. 72, 176àl78. — Van Caloen, Crac l'isite aux châteaux de Loyola et de Xavier, dans les Précis historiques, 1883 ; — D. P. de Madhazo, Espaûa, sus monumentos y artes, Navarray Logrogno, t. II, p. 497.
2. Gros, Vie, I, p. 11 (1479 et 1843) ; Doc, p. 82 et 83 (1494).