‹ Saint François XavierChapitre 5 sur 820 · Gros, Doc, ch. vu · texte numérisé non relu

Gros, Doc, ch. vu

5. Gros, Doc, p. 74;KjV, t. I, p. 18. — Xafier ou Jacicr (dans les anciens documents Xablerre, Ssatnerr, Exavier, Exacerre, Xai'ierr) est le même mot que Echaberri (casa nuei'a, maison neuve). P. J. E. Uriarte, Javicr. etimologia y sii;nificacion de este apellido, dans Razon y Fe, déc. 1902, p. 105.

il fallait prendre la diligence à Pampelune. Six mules emportaient le voyageur à travers monts et vaux, l'espace de vingt lieues, jusqu'à Sanguessa, dans la riante vallée d'Aybar. Puis on s'éloignait des pays basques frais et ombreux ; on entrait dans les régions austères du bassin de l'Ebre. Pendant huit kilomètres encore, on chevauchait à travers champs dans les pierres etlesrocailles. Enfin un sentier de montagne amenait dans une vallée largement découverte, en face d'un vaste horizon de sierras brûlées et sèches. Sur une des ondulations du versant qui regarde le nord, était un minuscule pueblo , dix ou douze métairies, avec une chétive église et un vieux castillo délabré. C'était Xavier.

L'Aragon commençait de l'autre côté de la petite rivière qui lui donne son nom et qui coule au fond de la vallée. Depuis les jours du roi Thibaut, xiii® siècle, les Asnarez se tenaient là, au poste d'honneur, chargés de défendre le passage. La forteresse était devenue leur propriété. On la qualifiait palacio de cabo de armeria^ casasolariega de hijosdalgo nobles et caballeros desangre, « chef de maison noble, branche aînée, résidence de hidalgos nobles et chevaliers de naissance». Les châtelains portaient de gueules au croissant de lune échiqueté blanc et noir^

Quand l'apôtre des Indes y vint au monde, le castillo de Xavier devait avoir grand air. Un mur crénelé garni d'un fossé, d'un chemin de ronde et de tours, formait une première enceinte, enserrant une assez vaste garenne. En avant du pont-levis, un solide châtelet défendait l'accès. A l'intérieur, la casa, ou maison d'habitation, servait comme de donjon. Elle était munie de meurtrières et flanquée de quatre tours. Pour porte, une ouverture ogivale aux énormes claveaux de pierre, surmontée de blasons et défendue par des mâchicoulis. Quand on l'avait franchie, au bout d'un corridor, en débouchant dans la cour intérieure, on se heurtait à une sorte de tour, évidemment destinée, en cas de siège, à prolonger la résistance.

A en juger par l'état présent des lieux, les appartements n'avaient rien de confortable. Un escalier large et tournant menait du vestibule à l'étage principal. Une porte étroite et basse, bardée

1. Gros, Doc, p. 74-76. Les Azpilcueta avaient pour blason un damier blanc et noir.

de fer, s'ouvrait sur une série de petits réduits irréguliers et sombres réunis par des couloirs tortueux. Là se trouvait l'oratoire de la famille, éclairé seulement par une meurtrière. Une sorte d'escalier de meunier conduisait à la plate-forme supérieure ^

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